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Asiatiques, Américains... jamais ils n'ont acheté autant d'alcool français qu'en 2011

LEMONDE | 14.02.12 | 14h42

 

 

Les vins et spiritueux français continuent à séduire une clientèle internationale : en 2011, ils ont battu un record de vente à l'exportation.

Les vins et spiritueux français continuent à séduire une clientèle internationale : en 2011, ils ont battu un record de vente à l'exportation.AFP

Les vins et spiritueux français continuent à séduire une clientèle internationale. En 2011, ils ont battu un record de ventes à l'exportation, dépassant pour la première fois la barre des 10 milliards d'euros à 10,1 milliards. Selon les chiffres publiés mardi 14 février par la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), la progression est de 10,5 % - soit un gain net de plus d'1 milliard d'euros - par rapport à 2010. Le précédent record de 2007, juste avant la crise, avec un total de ventes de 9,6 milliards d'euros, est ainsi battu.

En tenant compte des produits étrangers importés, les vins et spiritueux pèsent 8,6 milliards d'euros d'excédent commercial, un montant en progression de 9 %. Ce qui en fait le deuxième poste excédentaire de la balance commerciale française, derrière l'aéronautique (17,7 milliards) mais devant les parfums et cosmétiques (8,3 milliards).

 

Un résultat dont ne manque pas de se targuer la FEVS, d'autant que les bonnes nouvelles concernant la balance commerciale hexagonale sont plutôt rares. Et de se livrer à un petit calcul pour estimer que l'ensemble des caisses de bouteilles envoyées dans le monde entier représente, en moyenne, depuis une décennie, la valeur de 130 Rafale par an.

La répartition des gains entre vins et spiritueux reste stable. Les premiers représentant 69 % de l'ensemble, soit 7 milliards d'euros, et les seconds le solde, soit 3,1 milliards. Un équilibre qui cache quelques fortes disparités.

Le spiritueux le plus valorisé à l'étranger reste le cognac. Il continue sur sa lancée, avec des ventes en hausse de 10 % à 2,04 milliards d'euros. Cet alcool talonne désormais le champagne, dont le chiffre d'affaires à l'export atteint 2,1 milliards d'euros, en hausse de 9,3 %. En troisième position, viennent les vins de Bordeaux, en grande forme, qui font quasiment jeu égal à 2 milliards d'euros. En ajoutant les vins de Bourgogne, on totalise 70 % des ventes à l'international.

La forte valorisation des exportations est portée par le succès des trois catégories phares, qui se partagent le podium. D'autant que le cognac, mais aussi le bordeaux ou le champagne, qui joue la carte du millésime, se vendent de plus en plus cher.

D'ailleurs, petit bémol dans ce panorama plutôt favorable, la progression en volume des exportations est beaucoup plus modérée. En litrage, la hausse se limite à 2,4 %. Sur ce critère, le record de 2007 n'est pas détrôné. Et sur dix ans, les vins ont perdu près de 12 % en volume d'exportation.

Le succès des bordeaux et du cognac doit beaucoup à la conquête des consommateurs asiatiques. Les grandes maisons n'ont pas lésiné sur les moyens pour faire connaître et apprécier leur production. D'autant que, dans ces pays, nombre de clients sont prêts à dépenser une petite fortune pour s'offrir un millésime exceptionnel ou une édition limitée, signe de réussite sociale. Une aubaine pour les négociants.

Résultat, l'Asie devient le principal moteur de croissance des exportations de vins et spiritueux français. Dans la zone formée par la Chine, Hongkong, Taïwan, Singapour et le Japon, les ventes ont bondi en 2011 de 29 % à 2,5 milliards d'euros.

Autres marchés-clés pour les alcools français : les Etats-Unis et le Canada. Dans ces pays d'Amérique du Nord, les consommateurs apprécient une gamme beaucoup plus étendue de la production vinicole hexagonale, ce qui est un atout pour l'ensemble des régions productrices. Malgré la crise, les exportations dans cette zone ont progressé de 9 % sur l'année écoulée, à 2,1 milliards d'euros.

La profession regroupée au sein de la FEVS reste toutefois préoccupée par la difficulté de reconquête des marchés traditionnels du vin français au sein de l'Union européenne. En dix ans, les exportations de vins français en Allemagne et au Royaume-Uni ont reculé respectivement en valeur de 11 et de 13 %, du fait de la concurrence mondiale. En volume, la chute est encore plus brutale, avec une baisse respective de 13 et de 38 %.

Les indicateurs restent toutefois positifs en 2011 sur ces marchés-clés. Et le Royaume-Uni garde sa place de deuxième pays importateur de vins et spiritueux français en valeur, derrière les Etats-Unis. Mais l'Allemagne rétrograde d'une place et cède le troisième rang à la Chine. Sur les dix pays européens, dont la Suisse, importateurs d'alcool français, les ventes n'ont progressé en valeur que de 3 %, à 4,1 milliards d'euros en 2011.

Louis-Fabrice Latour, président de la FEVS, souligne l'enjeu stratégique d'un accès aux marchés des pays tiers : "Nous avons un besoin impérieux du soutien des pouvoirs publics pour ouvrir de nouveaux marchés. L'Inde ou le Brésil sont des débouchés prometteurs, mais nous ne pourrons y développer nos ventes sans éliminer les obstacles actuels, tarifaires ou non tarifaires."

La Fédération met en évidence l'importance de l'exportation pour ce secteur économique. Elle chiffre à 500 le nombre d'entreprises françaises exportatrices de vins et spiritueux, et estime que 40 % du vignoble français dépend de l'exportation. Plus globalement, elle estime que les sociétés de vins et spiritueux emploient 30 000 personnes en France.

Laurence Girard



14/02/2012
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