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«Une invitation au voyage»

Dim 25 Juil 2010 |10:13, Les Nouvelles Calédoniennes

Moins de deux mois avant l’ouverture du 4e Festival des arts mélanésiens, Emmanuel Kasarhérou, directeur du comité organisateur, fait le point sur la préparation d’un événement qui rassemblera 800 artistes de cinq pays, sur dix sites.

 

  • NCkasarherou_QQLes Nouvelles calédoniennes : Le Festival des arts mélanésiens aura lieu du 12 au 24 septembre prochain. La Calédonie sera-t-elle prête ?

Emmanuel Kasarhérou : Oui. Nous menons actuellement des réunions site par site. Car la particularité de l’événement sera d’être présent sur dix sites différents, dont deux à Nouméa. Cela multiplie par dix la complexité de l’organisation. Certains sites comme Wagejen à Lifou, Taduremu à Maré ou le centre culturel de Hienghène sont déjà des lieux organisés pour l’accueil du public. Mais d’autres sont à créer de toutes pièces, comme le terrain de foot de Wadrilla à Ouvéa. Il faut amener l’eau, sécuriser le site, créer des parkings… On peut s’attendre à 2 000 ou 3 000 personnes par site.

  • Quels seront les autres sites ?

Notre volonté est d’être présent partout, sur les huit aires, et d’aller vers les gens. A La Foa et à Bourail, nous amènerons le festival au coeur de la cité. A Canala, le site de la Fête de la mandarine va être reconfiguré. A Koné, le centre culturel est trop petit. Le site a été débroussaillé pour tripler sa surface. Tout cela implique beaucoup de travail avec les coutumiers et les communes, avec l’appui des provinces. Nous rencontrons un grand intérêt des collectivités, d’autant que cette expérience pourra servir à d’autres projets après. A Nouméa, le festival sera au centre Tjibaou et sur le quai Ferry, avec une opération « Quai des arts » destinée à être pérennisée au-delà du festival. Il y aura environ 200 artistes par site, ce sera à taille humaine. Mais les 800 artistes seront tous rassemblés à Koné lors des trois jours d’ouverture.

  • Comment va se passer l’accueil des 500 festivaliers du Vanuatu, des Salomon, de Papouasie et de Fidji ?

Nous prenons en charge leur transport en Calédonie, leur logement et leur nourriture. Il faut organiser leurs menus en tenant compte de leurs habitudes alimentaires. Ils viennent tous du nord de chez nous, ils risquent d’avoir froid. Il faut tout prévoir ! Pour le logement, nous allons utiliser sur chaque site les internats scolaires. Sans les internats, il n’y aurait pas de festival possible. L’hôtel pose des problèmes de coût et de disponibilité. C’est pourquoi les vacances scolaires ont été déplacées sur cette période, pour permettre au festival de se terminer le 24 septembre, jour de la Fête de la citoyenneté, à Nouméa. Nous avons un budget de 290 millions de francs, financé aux trois quarts par le gouvernement.

  • Combien d’artistes calédoniens participeront au festival ?

Trois cents. L’appel à participation lancé en début d’année est clos depuis un mois. Ça s’est rempli très facilement, nous en avons même trop. Du coup, certains viendront renforcer la délégation calédonienne sur chaque site. Les artistes sont très variés, traditionnels, contemporains, kanak, non kanak… Cette coexistence multiculturelle est caractéristique de la Mélanésie. On sent une grande curiosité des autres pays pour découvrir la Nouvelle-Calédonie.

  • Quid des autres délégations ?

Il y aura beaucoup de danse, d’arts de la scène, beaucoup de chanteurs et de musique moderne. Chaque site sera équipé d’un plateau musical. Des Fidjiens feront aussi des marches sur le feu… Les Calédoniens ne visitent jamais la Papouasie et les Salomon. C’est une invitation au voyage. Les pays mélanésiens sont très proches culturellement, mais leurs relations sont limitées. L’objectif, c’est de susciter la rencontre entre artistes de pays différents, mais aussi de permettre aux Calédoniens d’habiter leur pays. Les artistes locaux iront là où ils ne sont jamais allés. Il y aura d’ailleurs du cirque dans les îles… Il y aura aussi trois symposiums de réflexion, dont un sur la coutume. Le programme sera bientôt finalisé.

  • Combien de personnes mobilisera le festival ?

Le comité vient de terminer le recrutement d’une vingtaine d’agents de liaison et d’une vingtaine de bénévoles, pour accompagner nos « pirogues » d’artistes. L’encadrement de chaque site et la restauration seront assurés par les communes.

Propos recueillis par Sy.A.



27/07/2010
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