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Avignon 2007 : Un pont peut en cacher un autre

Article paru dans le journal "Mission" du Défap de juin 2007

 

« Sur le pont d’Avignon, on y danse, on y danse… ». Cette chanson du répertoire traditionnel français est connue au-delà de l’hexagone. Les étudiants calédoniens du programme ABS la connaissent depuis leur enfance et l’ont entonnée à l’occasion de la visite du célèbre monument. Ce patrimoine que nous partageons illustre bien d’autres ponts, plus symboliques, qui lient la Nouvelle-Calédonie et la France. La Société des Missions Evangéliques de Paris, puis la Cevaa ont contribué à nouer des liens forts entre les Eglises de France et de Nouvelle-Calédonie. Le Défap œuvre aussi à consolider ce pont, via cette relation privilégiée avec la jeunesse calédonienne que permet le programme ABS. 

 

Avignon, ville des Papes. Avignon, ville d’étape des étudiants calédoniens encadrés par le Défap lors de la rencontre d’hiver qui s’est tenue en février. La visite guidée de la ville a été unanimement appréciée, ainsi que la soirée d’improvisation théâtrale qui fut l’occasion d’une bonne rigolade. L’objectif premier est de stimuler la curiosité des jeunes pour les activités culturelles (théâtre, musées) et pour le patrimoine des régions où ils étudient et au-delà. Ce week-end fut également l’occasion de s’interroger sur les notions de pouvoir et d’autorité à partir de l’exemple des papes qui contrôlaient la vie religieuse, politique et économique de la cité. Une réflexion sur les constituants de l’autorité dans leur société a ainsi été amorcée. Qui détient le pouvoir dans une méritocratie, une gérontocratie ou une technocratie ? Comment lier autorité avec responsabilité ou légitimité ? Une vidéo de l’expérience de Milgram sur la soumission à l’autorité les a interpellés sur les limites du respect à l’autorité, lorsque celle-ci s’oppose à la conscience individuelle.

 

Jessica, étudiante à Nice, a apprécié ce temps d’animation : « Une nouvelle activité dans l’organisation des rencontres ABS a été mise en place : un temps de réflexion autour d’un thème nous a ainsi permis de discuter de «l’autorité ». La cohérence de la présentation et du déroulement de cette activité ont rendu, de mon point de vue, active la participation des étudiants. De plus, faisant des études dans des domaines différents chacun à apporter un matériel spécifique qui pouvait éclairer cette notion d’autorité. Le choix du film Amen pour clôturer cette activité présentait différentes facettes de l’autorité (religieuse, militaire, paternel...), ce qui permettait de poursuivre la réflexion avec un autre outil. Pour ma part, je pense qu’il est toujours bon d’avoir en tête les blessures de l’Histoire afin d’être vigilante dans la façon dont je me comporte en parole ou en action dans ma relation à autrui ».

 

Au-delà de ce thème porteur, c’est la rencontre entre les étudiants qui a constitué le ferment de ce week-end. Les témoignages des jeunes sont unanimes quant à l’importance de ces moments entre jeunes calédoniens, parfois isolés dans leurs villes d’étude : « Pour moi, ces rencontres sont très importantes car elles me permettent de me sentir moins seul en France et aussi de pouvoir échanger mes expériences avec tout le monde ; ça me permet de me sentir plus fort pour affronter le quotidien » confie Olivier depuis Montluçon. Yann, venu en voisin de Nîmes, confirme : « Ce qui est bien dans ces rencontres, c'est que tout le monde se retrouve ; chacun partage son vécu et s'encourage. Ainsi avec l'aide des anciens étudiants, le partage de leur expérience nous permet de ne pas tomber dans les mêmes pièges qu’eux ». Après 12 participations aux rencontres, Jessica ajoute : « Avant tout, ces rencontres me permettent de retrouver avec les étudiants « du pays » l’esprit de communauté qui comble l’absence de la famille. De plus, je me tiens au courant des différents parcours universitaires dans lequel nous nous sommes engagés afin de me préparer un réseau pour mon avenir professionnel. Ces rencontres sont également des moments de détente qui permettent des coupures avec le quotidien universitaire, sans oublier la richesse culturelle qu’elles apportent ».

 

Point de repère pour les étudiants dès leur arrivée à l’aéroport, le Défap est présent tout au long de leurs années d’études. Olivier, étudiant à Montluçon témoigne : « Pour moi le Défap tient une place importante dans le parcours des étudiants car il nous aide, il nous soutient dans les moments durs ; il est toujours présent pour nous ». Lieu d’accueil, d’écoute, d’animation, le Défap est aussi un véritable repaire de calédoniens ! L’équipe chargée de l’accompagnement essaie de décliner au présent pour les jeunes générations l’héritage des relations fraternelles qui lient les Eglises de Nouvelle-Calédonie et de France. Lindsay, étudiante à Aix-en-Provence confirme : « Le Défap est devenu pour nous indispensable ! C’est comme une grande famille !». Les relations ainsi nouées perdurent au-delà du programme, lorsque les jeunes rentrent pour participer à la construction du pays dans le respect d’une communauté de destin.

Avec le printemps, la préparation de l’accueil de la promotion 2007-2008 a démarré, principalement sur la recherche de logement. Pour la promotion en cours, la prochaine étape, hormis les stages et les examens, est la rencontre qui se déroulera début juillet au centre du Lazaret à Sète. Ce sera à la fois un temps de bilan et de découverte ainsi que de réflexion sur les conseils à envoyer aux futurs étudiants.

 

Elisabeth Marchand, Denis Brante



28/09/2007
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