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Charles Juni, travailleur indépendant


 
Le travail de Charles Juni, c’est... le travail justement. Depuis de nombreuses années, il met ses compétences au service des Loyaltiens dans les domaines de l’emploi et de l’insertion. Cet homme de conviction est directeur de l’Epefip depuis juin.

Depuis le mois de juin, Charles Juni est le nouveau directeur de l’Établissement provincial de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelle (Epefip), un organisme créé en 2006 à Lifou.
« L’intérêt de cet établissement c’est de permettre aux Îliens de se former chez eux. Il est là pour aider les porteurs de projets à créer des activités aux îles Loyauté », explique Charles Juni.   
Marié et père de trois enfants, Charles Juni est né à Lifou il y a 46 ans et a passé son enfance à la tribu de Hnaeu. L’homme n’hésite pas à se retrousser les manches pour faire aboutir ses projets. Il a grandi pendant la période de revendication identitaire et il demeure un indépendantiste convaincu : « les Calédoniens d’origine française et les Kanak sont condamnés à vivre ensemble et à échanger leurs savoir-faire. L’indépendance ne signifie pas le rejet des autres, mais plutôt l’adhésion aux lois et aux valeurs qui constituent l’âme de cette terre. » Il a beaucoup appris de son séjour en Corse, où il a effectué son service militaire, « sur une île qui ressemble à la Nouvelle-Calédonie pour ses idées de nationalisme et la courtoisie des gens ».

Mosaïque. Après ce séjour dans l’île de Beauté, il prépare une maîtrise de droit à l’université de Nanterre. L’association 400 cadres lui permet de financer ses études. « Ces années ont été riches d’enseignements, raconte-t-il. J’ai rencontré des gens très différents, car la France est une mosaïque de cultures. J’ai appris qu’il faut beaucoup communiquer afin de ne pas rester sur des a priori. »
Sa maîtrise de droit en poche, il rejoint Lifou et décroche son premier poste comme directeur de l’association Travail Loyauté, organisme chargé de l’insertion dans le monde du travail (1997 à 2001). Puis, jusqu’en 2009, il occupe un poste de juriste au Sénat coutumier. Enfin, il est adjoint du directeur de l’Epefip, dont il devient le directeur en juin dernier.

L’indépendance ne signifie pas le rejet des autres, mais l’adhésion aux valeurs qui constituent l’âme de cette terre.

« Cette année nous avons mis en place des actions de formation en vue de la préparation aux concours d’infirmier et d’aide-soignant. Nous en sommes à 54 actions de formation dans différents domaines. Et le nombre de stagiaires est en augmentation constante, se réjouit-il. Ces formations sont décidées en fonction des besoins exprimés par la population. Mais les enseignements du passé nous ont appris que l’accompagnement doit aller plus loin, car seuls ceux qui ont des rentrées régulières d’argent réussissent à faire aboutir leur projet. C’est pourquoi ont été mises en place des mesures volontaristes et des stages de préqualification en entreprise. Les résultats sont positifs. »

Orientations. Mais le directeur ne se repose pas sur ses lauriers : « Mon projet porte sur trois orientations : la mise en place de points d’information au sein des tribus. Puis, pour les lieux non couverts par ces centres, des bus de l’emploi et de la formation. Enfin, j’envisage de mettre en place des jardins d’insertion pour ceux qui sont marginalisés. Je suis convaincu qu’il est souhaitable de valoriser le lien à la terre, pour leur redonner le goût de vivre, de travailler et de réapprendre les règles de vie. J’envisage  de contacter les propriétaires terriens pour qu’ils mettent à disposition au moins un hectare pour cette catégorie de personnes. »
« Le 9e Fonds européen de développement a permis la création de cet établissement à Lifou, j’espère que le prochain financera la construction des futurs centres de Maré et d’Ouvéa.



28/11/2010
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