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Dans la cour des grands

Les Nouvelles Calédoniennes. Publié le mardi 23 octobre 2012 à 03H00

 

L’Australie siégera au Conseil de sécurité de l’ONU en tant que membre non permanent pour la période 2013/2015. Le pays a été élu jeudi dernier par l’Assemblée Générale des Nations unies, soulignant ainsi une nouvelle fois son engagement « dans les affaires du monde ».

C’est une victoire pour les travaillistes. Julia Gillard, Premier ministre, s’est réjouie en affirmant que « c’était la vocation de l’Australie de s’engager dans les affaires du monde. »

C’est une victoire pour les travaillistes. Julia Gillard, Premier ministre, s’est réjouie en affirmant que « c’était la vocation de l’Australie de s’engager dans les affaires du monde. »

 

Même si la comparaison entre une Coupe du Monde de football et les Nations unies a ses limites, les Australiens craignaient, avant le vote de jeudi dernier à l’ONU, de revivre le cauchemar du 2 décembre 2010.

Ce jour-là, à Zurich, la candidature de l’Australie pour l’organisation du Mondial de foot 2022 (attribué finalement au Qatar) n’avait recueilli qu’une seule des vingt-deux voix du comité exécutif de la FIFA. L’Australie avait été balayée dès le premier tour du scrutin, première éliminée des cinq candidatures. Une humiliation « géopolitique ». Un véritable « fiasco diplomatique » qui avait renvoyé le pays à son isolement.

 

Succès. L’Australie redoutait de revivre un tel camouflet à New York. C’est dire combien le soulagement fut grand, jeudi dernier, à l’annonce du verdict dans la grande salle de l’Assemblée Générale des Nations unies.

L’Australie, qui postulait donc à un siège de membre non permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU pour la période 2013-2015, a été élue haut la main. L’île-continent a obtenu les voix de 140 pays dès le premier tour. Il en fallait 129, soit les deux tiers de l’Assemblée Générale pour être élu.

Bob Carr le ministre australien des Affaires étrangères a salué ce succès en glissant qu’ « il était toujours bon de voir gagner l’Australie. » Les places sont chères au Conseil de Sécurité.

Derrière les cinq intouchables les cinq membres permanents (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Chine, Russie, France) tous les autres se bousculent.

Un véritable jeu de chaises musicales, les dix fauteuils de membres non permanents étant renouvelés par moitié tous les deux ans, avec des quotas géographiques.

 

Marathon. Jeudi dernier, outre l’Australie, l’Argentine, la Corée du Sud, le Rwanda et le Luxembourg ont ainsi décroché leur billet pour la période 2013-2015.

La campagne victorieuse des Australiens a été un long marathon. Elle a été lancée dès 2008 par Kevin Rudd, alors Premier ministre. Ce dernier voulait redynamiser la diplomatie australienne après les onze années conservatrices de John Howard.

Cette victoire, c’est un peu la sienne. C’est celle des travaillistes. Julia Gillard, l’actuelle Premier ministre qui a succédé à Kevin Rudd à la tête du gouvernement en 2010, s’est réjouie en affirmant que « c’était la vocation de l’Australie de s’engager dans les affaires du monde. »

Entre son engagement en Afghanistan, le dossier du Timor-Leste, le processus d’accompagnement qui doit ramener Fidji vers la démocratie, les Australiens ont montré leur volonté de rayonner au-delà de leurs frontières.

Alors que le G20 en 2014 sera organisé à Brisbane, la diplomatie australienne aura encore plus de poids avec cette position au Conseil de Sécurité pour 2013/2015. Si les membres non permanents n’ont pas de droit de veto, contrairement aux cinq membres permanents, ils sont au cœur du dispositif de l’ONU et votent les recommandations et les résolutions.

 

Lobbying. Bob Carr a remercié tous les Etats insulaires du Pacifique qui ont soutenu l’Australie. Il a fait taire la polémique entretenue par l’opposition ici, quant au coût de cette candidature. L’intense lobbying opéré depuis cinq ans dans les pays du Pacifique, mais aussi en Afrique, pour promouvoir la candidature « aussie » fait partie du processus s’est-il défendu.

Les 25 millions de dollars dépensés ne sont rien, a commenté le ministre des Affaires étrangères, au regard du rayonnement que cela offre à l’Australie.
 

 

Repères

Comment ça marche ?
Le Conseil de Sécurité de l’ONU se compose de quinze membres : cinq membres permanents et dix membres non permanents élus pour deux ans. La principale mission du Conseil est le maintien de la paix et de la sécurité internationale. Le Conseil de Sécurité adopte des recommandations et résolutions au nom de tous les membres de l’ONU. Une résolution du Conseil a une valeur juridique contraignante, contrairement à celle de l’Assemblée Générale. Chaque membre du Conseil dispose d’une voix, mais seuls les cinq membres permanents ont un droit de veto.

Un cinquième mandat
C’est la cinquième fois que l’Australie siégera au Conseil de Sécurité de l’ONU aux côtés des cinq membres permanents (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Chine, Russie, France). Jusque-là l’Australie avait siégé en 1946-47, 1956-57, 1973-74 et 1985-86. Cinq fois, c’est moins que le Brésil ou le Japon qui ont déjà siégé dix fois, moins que l’Argentine élue pour la neuvième fois, moins encore que l’Inde, le Pakistan, le Canada, la Colombie ou l’Italie qui ont cumulé six mandats. Mais c’est plus que l’Indonésie ou la Nouvelle- Zélande qui n’ont siégé que trois fois.


Frédéric Suteau



23/10/2012
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