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Etudiant cherche logement

Les Nouvelles Calédoniennes. Publié le lundi 17 septembre 2012 à 03H00

 

A chaque rentrée, les étudiants calédoniens débarquant en Métropole profitent du soutien de la Maison de la Nouvelle-Calédonie. Une marraine exceptionnelle qui les accompagne dans leur parcours semé d’embûches et les aide surtout à trouver un logement.

Par petits groupes, les nouveaux étudiants calédoniens sont reçus par Agnès Siraut, la nouvelle responsable de la Maison de la Nouvelle-Calédonie, qui dispose de relais en province.

 

La tempête est passée, avec un peu de panique parfois, mais, finalement, sans dégât. En Métropole, la plupart des étudiants calédoniens ont ainsi désormais le nez dans les bouquins.

Mais avant d’être bien installés dans leur chambre étudiante ou dans leur appartement, avant d’être enfin inscrits dans la bonne filière, sur les bonnes listes d’attente et d’avoir enfin leur numéro de sécurité sociale, il leur a fallu combattre la jungle urbaine et son lot d’embûches. Et surtout la pénurie de logements universitaires.

 

Accords. Eric Wanyima, 21 ans, était ainsi à deux doigts de quitter Paris, faute de logement. Le jeune Lifou pensait ne pas pouvoir y poursuivre son BTS technico-commercial : « L’Association des étudiants et stagiaires kanak (AESK) m’a aidé, mais tout était trop cher. » « Je lui ai dit de ne pas s’inquiéter et de ne surtout pas entamer de démarches pour changer d’établissement, que nous allions prendre les choses en main », se souvient Agnès Siraut, chef du service étudiant à la Maison de la Nouvelle-Calédonie (MNC) et qui a repéré le jeune timide lors d’une réunion de rentrée. Aujourd’hui, Eric habite à la cité universitaire internationale dans une résidence où se côtoient une vingtaine de Calédoniens.

Une cité U accessible, en principe, qu’aux étudiants en master. Mais voilà, les accords passés entre la MNC et les différentes cités universitaires mais aussi avec des agences immobilières permettent ces quelques exceptions. Ainsi, une agence a même accepté de louer des appartements aux jeunes Calédoniens sans exiger le versement d’une caution.

La MNC, qui accueille chaque étudiant venu du Caillou dès sa descente de l’avion, est donc une aide cruciale. Elle qui, depuis la mi-août, enchaîne les réunions pour rassurer et briefer nos étudiants partis à l’aventure et qui se retrouvent plongés dans l’inconnu. « A Paris, il faut apprendre à se repérer. Je n’ai pas du tout le sens de l’orientation. Alors j’ai pris contact avec la MNC et comme ça, je n’ai eu aucun mal à trouver un logement », raconte Margareth Bearune, 27 ans, en master Cadre des organismes du secteur social, à Paris 1.

 

Rencontres. Comme Margareth, plus de 2 000 Calédoniens poursuivent actuellement leurs études en Métropole, pour beaucoup dans des filières courtes type BTS ou DUT. Parmi eux, 450 boursiers dont 40 de province Nord, 200 de la province Sud et 14 de la province des Îles, se sont envolés pour la première fois cette année. Tous devraient être accueillis et accompagnés par la MNC... qui soutient également les non-boursiers. « Je vais rester ici pour me faire une expérience. J’ai passé deux ans à Reims, où j’ai été accueilli par des amis métropolitains de mes parents, puis quatre années à Bordeaux où j’ai été soutenu par l’Association des Kanak et amis de Bordeaux. Mais une chose est sûre, il ne faut pas tomber dans le piège et rester entre nous », explique Jean-Marie Haocas, 25 ans.

Celui qui vient de terminer son master en génie des systèmes de l’aéronautique et du transport encourage ses homologues du Caillou à venir « connaître d’autres cultures » et ce, même si l’éloignement et les problèmes de logement peuvent causer bien des angoisses. « J’ai rencontré des Métropolitains, des Africains, des Espagnols… Quand je rentre en Nouvelle-Calédonie, j’ai maintenant un peu l’impression d’être dans une boîte fermée. »

 

« Choquée par la froideur des gens »


Ornella Ali est partie le 20 août dernier pour la Métropole, pour Avignon plus précisément. A 19 ans, la jeune femme a quitté famille et amis pour entamer de longues études d’espagnol à l'université d'Avignon et des Pays de Vaucluse. Et comme tous les jeunes Calédoniens partis le mois dernier, Ornella a été accueillie par Agnès Siraut, de la Maison de la Nouvelle-Calédonie, dès son premier pied posé à Paris. « L’aéroport Charles-de-Gaulle est la première image que j’ai eue de la Métropole, nous confie la demoiselle qui n’était jamais allée en France. J’ai été surprise par son immensité. Plus le bus avançait et plus je me demandais si un jour nous allions en sortir. Puis, nous avons traversé Paris. Et déjà ce que je voyais était à l’opposé de la Calédonie. Des grands bâtiments, des grandes avenues et pas de verdure. » Ornella a passé deux nuits à la Cité internationale universitaire et donc plusieurs jours à la capitale. Son emploi du temps ? La visite de la MNC bien entendu « qui m’a fait du bien et m’a rappelé ma Calédonie ». Puis des ateliers, pour être « informée sur les bourses, l’inscription à la mutuelle. Les membres de la MNC se sont super bien occupés de nous. » Et une visite express de Paris : «  On a marché, marché sous la chaleur. J’ai trouvé l’architecture extraordinaire, mais les Parisiens sont fermés, trop speed. La capitale ne m’a pas vraiment plu. »
Après deux jours à Paris, Ornella a rejoint Avignon en train, où sa demi-sœur Nadège l’attendait. C’est chez elle, à Monteux, à quelques kilomètres de la Cité des Papes, qu’Ornella est installée depuis un mois et n’a « pas eu le temps de déprimer » puisque Nadège lui a « rapidement fait découvrir plein de choses ». « Nous avons aussi fait du shopping à gogo car ici tout est moins cher. Et puis j’ai découvert la tapenade, les olives du marché, les bons melons sucrés. »

Soutien familial

Le week-end découverte passé, Ornella s’est alors plongée dans la paperasse : « Notre maître mot avec mon beau-frère est "organisation". Avec tous les papiers à faire pour la mutuelle, sécurité sociale, inscription à l'université, on doit être organisé parce qu’ici tout devient vite très compliqué. » Pour Ornella, les cours commencent aujourd’hui même, mais elle a déjà eu l’occasion durant ses trois jours de prérentrée de rencontrer ses cinquante partenaires de licence d’espagnol. « Nous ne sommes pas nombreux par rapport à d’autres promos, c’est plus facile pour faire des connaissances étant donné que mon université est immense. » Les premiers pas d’Ornella en Métropole se sont plutôt bien passés parce qu’aussi, dit-elle, « j’ai la chance d’avoir ma sœur ». Celle qui ne cesse de se confier sur Facebook admet tout de même être choquée par « la froideur des gens ». « Je sais que les Métropolitains ne sont pas tous pareils mais nous n’avons pas la même mentalité. Ici, comme je le pensais avant de partir, c’est vraiment chacun pour soi. » Alors pour éviter la solitude et partager ses états d’âme, l’étudiante a gardé contact avec l’ensemble des Calédoniens qui ont débarqué avec elle à Paris. « Nous avons créé un groupe sur Facebook dans lequel nous partageons nos anecdotes, nos impressions et surtout nous parlons du pays qui nous manque. On ne se connaissait pas tous en partant de Nouméa, mais aujourd'hui on se soutient. »

Propos recueillis par Marion Pignot

 

 

Le chiffre

2 500


C’est le nombre d’étudiants calédoniens suivant actuellement des études à Paris. Depuis 2007, le service étudiant de la MNC voit chaque année doubler son taux de fréquentation. En 2011, 1 575 étudiants ont poussé la porte de la MNC qui s’attend, cette année, à 3 000 visites.

 

Repères

L’option colocation
La colocation, très répandue à Paris, n’est pas encore entrée dans les mœurs calédoniennes. Pourtant, elle peut être une excellente solution pour trouver un grand logement et favoriser son intégration. « Quatre étudiantes, depuis deux ans à Paris, ont décidé de prendre un appartement en colocation, mais c’est encore très rare, explique Agnès Siraut. Les parents sont particulièrement méfiants. Ils se demandent avec qui vont se retrouver leurs enfants. » Les annonces de colocation sont éditées sur le site de la MNC mais aussi sur le Facebook de la Maison où il vous est encore possible de demander qui veut bien vous loger.

Un Guide pratique
Edité par le service étudiant de la MNC, le nouveau Guide pratique de l’étudiant calédonien propose 71 pages d’adresses incontournables et de tactiques pour boucler sans souci ses démarches administratives. Il est disponible à l’UNC, à la MNC de Paris et dans tous les locaux des associations-relais de la Maison en province.


Agence GHM



17/09/2012
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