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Film "Le chemin parcouru"

Suite à la projection de ce film lors du week-end de rencontre des ABS à Paris en octobre 2008, voici un article paru dans les Nouvelles Calédoniennes le 9 août dernier après une projection publique à Bourail :

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Le chemin parcouru lance le débat
Mercredi dernier, à l’initiative de la mairie, le film Le chemin parcouru 1988-2008, de Jacques-Olivier Trompas et d’Henri Lepot, a été projeté gratuitement. L’occasion pour la cinquantaine de personnes présentes de se remémorer l’histoire et de tenter de comprendre.

Dans le cadre de la célébration du double anniversaire, des vingt ans des accords de Matignon et des dix ans de celui de Nouméa, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a réalisé Le chemin parcouru 1988-2008.
Mercredi dernier, le public bouraillais a été convié à assister à la projection de ce film. Cette initiative est à mettre au compte de Jean-Pierre Aïfa, le maire. Après l’avoir visionné trois fois, le premier magistrat a demandé et obtenu l’autorisation de le diffuser au cinéma. D’une durée de 52 minutes, cette production locale retrace « le chemin parcouru » en Nouvelle-Calédonie depuis la fin des événements. « Ce film permet à ceux qui ont vécu ces événements de se les remémorer et à ceux qui ne les connaissent pas ou peu, de découvrir l’histoire de cette période de troubles et de heurts ethniques qui a ensanglanté le Caillou. 50 % de la population calédonienne ignore ce qui s’est réellement passé à cette époque » a martelé le premier magistrat.
Cette projection avait justement pour but de permettre à la population et notamment aux enseignants en grand nombre dans la salle, de faire plus ample connaissance avec cette période trouble de leur pays.
À l’issue de la projection, cerise sur le gâteau, Louis-José Barbançon, Ismet Kurtovitch, deux historiens bien connus des Calédoniens et Raymond Aï, professeur d’histoire et petit chef de la tribu de Pothé, sont venus apporter leur éclairage et donner chacun leur avis sur ce film « qui a été fait pour susciter un débat » a souligné Louis-José Barbançon.

« La jeunesse doit savoir ce qui s’est passé. Elle doit pouvoir se faire sa propre opinion »


« Ce film n’est pas un film d’histoire, les causes du conflit ne sont pas mentionnées mais en elle-même, cette réalisation est déjà un chemin parcouru. Bien entendu, il y a des manquements mais il mériterait tout de même, d’être diffusé sur RFO » a déclaré Ismet Kurtovich. « Il ne donne pas des réponses à tout, mais apporte quand même quelques pistes de réflexion » a-t-il rajouté.
« C’est la troisième fois que je vois ce film. La première fois, j’ai beaucoup pleuré. Vingt ans après, personne ne peut nier les énormes progrès qui ont été faits. On peut se parler et se dire les choses en face » a souligné Raymond Aï, très ému. Le public n’a pas manqué de réagir et de faire part de ses impressions à Ismet Kurtovich, chargé d’animer le passionnant débat.
« Cette production est très bien faite. Il ne faut pas hésiter, à l’avenir, à la montrer aux enfants. Cette période a été difficile à vivre et il ne faut plus que les enfants aient à la revivre », a souligné une enseignante présente dans la salle. « Un chemin a été parcouru, c’est certain et on ne peut pas le contester. Mais le chemin à parcourir est encore malheureusement très long également. Ce n’est pas simple de parler de cette période », a reconnu une autre personne. Ce à quoi a répondu Louis-José Barbancon : « Certaines personnes auraient souhaité que ce chemin parcouru se fasse au galop, d’autres en trottant ou en marchant. Peu importe le rythme auquel il avance, l’essentiel c’est qu’il se fasse même en boitant s’il le faut ».
Doit-on communiquer sur les Événements ? Ce sujet douloureux et sensible doit-il rester tabou ou bien faut-il en parler ? Les jeunes Kanak en parlent-ils autour d’eux ? Cherchent-ils réellement ce qui s’est passé ? sont quelques-unes des multiples questions qui ont été posées.
« Je ne me retrouve pas dans ce film, a indiqué l’une des personnes présentes. Tout n’est pas aussi mirobolant que l’on voudrait le faire croire. Le film ne prend pas en considération des tas de problèmes sociaux ! Les relations difficiles voire houleuses entre certaines communautés ont été occultées. »
Le mot de la fin est revenu à Jean-Pierre Aïfa qui n’a pas manqué de remercier chaleureusement les conférenciers et les cinéphiles qui ont fait le déplacement. Il a également émis le souhait que cette production soit vue par le plus grand nombre possible et notamment par les scolaires. « À l’image de Paul Wamo qui s’interroge à la fin du film, la jeunesse doit savoir ce qui s’est passé. Elle doit pouvoir se faire sa propre opinion, faire son propre jugement sur cette période douloureuse de l’histoire de notre pays », a conclu le premier magistrat.

 



31/10/2008
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