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Financer les études supérieures : qui doit payer ?

Ouest France, samedi 11 février 2012Marseille.
 

L'État ? Les familles ? Les étudiants ? Les entreprises ? Tour d'horizon de ce qui se pratique en France et ailleurs. Les présidents d'universités font des propositions.

En France, l'État paie 80 % des dépenses de l'enseignement supérieur, les salaires des personnels pour l'essentiel. Les familles et les entreprises assument le reste : 18 %. Mais, dans les pays endettés, qui doit payer ? L'État ? Les familles ? Les étudiants qui profitent de cette formation ? Les entreprises qui créent des bénéfices grâce aux diplômés ?

 

La Conférence des présidents des universités françaises (CPU), réunie hier à Marseille, a regardé ce qui se passe ailleurs. « Il existe quatre modèles », résume Éric Charbonnier, expert à la direction éducation de l'OCDE, Organisation de coopération et de développement économiques.

 

« Dans les pays du nord de l'Europe, l'université est gratuite. Cela coûte cher à l'État. Aussi, pendant leurs premières années de carrière, les diplômés reversent-ils la moitié de leur salaire en impôts. » C'est un financement a posteriori.

 

Dans les pays anglo-saxons (USA, Australie, Canada, Pays-Bas), « les frais d'inscription à l'université sont élevés (4 000 € en Grande-Bretagne). Les étudiants reçoivent des bourses et peuvent contracter des prêts qu'ils rembourseront en fonction de leurs revenus, une fois qu'ils seront au travail ».

 

Au Japon et en Corée, « les frais d'inscription étaient élevés avec peu d'aides. C'était très inégalitaire ». Désormais, ces pays accordent des aides.

Peu d'aides, peu de prêts

 

En Espagne, en Allemagne, en Belgique ou en France, « les frais d'inscription sont peu élevés, les aides aux étudiants peu développées et les jeunes contractent peu de prêts », liste Éric Charbonnier.

 

Et la France répartit mal ses aides, alors qu'elle s'est engagée auprès de l'Union européenne « à conduire 50 % d'une classe d'âge à un diplôme de l'enseignement supérieur ». Les familles les moins favorisées sont celles qui gagnent assez pour payer des impôts et pas assez pour assurer seules le coût des études. Leurs enfants ne s'engagent pas dans des cursus universitaires longs, regrette Louis Vogel, président de la CPU.

 

Il propose d'« augmenter les bourses pour qu'un étudiant sur deux en bénéficie. Que l'État verse de l'argent aux familles à très faibles revenus qui ne paient pas d'impôt. Et de développer la formation en alternance pour favoriser l'insertion professionnelle. » Sans toucher aux frais d'inscription. Et sans que l'État diminue sa part de financement.

 

Philippe SIMON.


13/02/2012
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