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«Il reste encore beaucoup à faire»


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Pour la septième année, le gouvernement organise sa Journée de la femme, mardi à Canala. Pour la première fois, l’événement sera précédé par une semaine de colloques. Rencontre avec Déwé Gorodey, en charge de la condition féminine au gouvernement depuis 2004.

  • Les Nouvelles calédoniennes : Comment vont les femmes du pays en 2011 ?

Déwé Gorodey : Je dirais qu’en 2011, et surtout depuis l’application de la loi paritaire, en 2004, la situation des femmes va mieux dans les institutions. La situation d’une partie des femmes. Mais il reste encore beaucoup à faire, pour les femmes dans le pays.

«On a travaillé aussi avec les coutumiers, sur les droits des femmes dans la coutume.»

  • Parmi ce qui reste à faire, quelles sont les priorités à vos yeux ?

Au départ, la priorité était de lutter contre les violences et les discriminations faites aux femmes. On a pu le faire, parce que le secteur de la condition féminine a été mis en place au gouvernement, sur une demande des femmes, sous la présidence de Marie-Noëlle Thémereau en 2004. C’était une revendication à partir de 2001, lors d’un colloque à la Communauté du Pacifique Sud (CPS) auquel ont participé des femmes de diverses sensibilités politiques. Elles demandaient aussi l’harmonisation des allocations familiales, notamment pour les mères célibataires qui ne travaillaient pas. Cette harmonisation a été faite tout récemment (le 1er février 2011, NDLR). Par rapport au développement économique, aux projets miniers, le gouvernement a poussé les femmes à la formation [...] notamment vers des métiers dits « d’hommes ». Nous avons aussi vu que les femmes actives dans l’économie l’étaient surtout dans l’économie informelle, avec les marchés au bord de la route, les bingos... Ceci vient expliquer le thème de la septième Journée internationale de la femme organisée par le gouvernement à Canala : L’insertion professionnelle des femmes dans l’économie formelle et informelle.

  • Quel est l’objectif d’une telle journée ?

J’ai voulu qu’elle soit à la fois une journée de réflexion et de débat, une journée culturelle où les femmes peuvent s’exprimer par la musique, la danse, le théâtre... Et aussi une journée économique, avec l’écoulement des produits, le tressage, etc.
C’est devenu également une journée où l’on visite les projets des femmes, ou bien des projets portés par la commune où nous organisons la journée. C’est pour cela que cette année, on l’organise pratiquement sur une semaine.

  • Parlerez-vous aussi des violences faites aux femmes ?

Dans l’un des ateliers du colloque, on va définir le rôle des médiateurs, car on a besoin de médiateurs entre la personne qui subit la violence et la personne violente (...). Nous avions commencé une formation communautaire, pour ces personnes. Nous avons aussi commencé des formations de femmes, en mai dernier. Je considère que celui qui pratique la violence a un problème. Peut-être qu’il est malade, je n’en sais rien, mais en tout cas il faut un médiateur parce qu’il faut le soigner. En tout cas, prendre des mesures. On a travaillé aussi avec les coutumiers, sur les droits des femmes dans la coutume. C’est toutes ces questions qu’on doit porter en même temps.

  • On a l’impression que la situation évolue peu, concernant les violences. Rencontrez-vous des difficultés pour obtenir des résultats ?

Au départ, il fallait qu’on fasse le point. Toutes les semaines, on voyait ces articles dans la presse, qu’on continue à voir. On a soutenu une enquête de l’Inserm, en 2001. Il y a eu la création du secteur de la condition féminine au gouvernement (en 2004). Aujourd’hui, on continue avec les médiateurs. On a également la Journée internationale contre les violences, le 25 novembre et l’Observatoire de la condition féminine, pour recueillir des données.
On travaille sur ces problématiques avec les femmes francophones du Pacifique, avec qui on fait des conférences et avec qui on doit rédiger un rapport pour l’ONU, sur la situation des femmes dans nos pays respectifs.

  • Toutes ces solutions sont globales et à long terme, alors que la situation paraît urgente...

Effectivement, ce rapport est une solution globale, comme vous dites. Le travail à la base, c’est d’accompagner les femmes dans les domaines où elles sont impliquées. Quand je parle de démarche participative, c’est qu’on n’intervient pas en imposant. On va là où les femmes ont besoin qu’on les accompagne. Voilà un peu notre politique.

  • Des associations de femmes ou de victimes se plaignent de la situation des femmes de droit coutumier, quand elles sont victimes de délits pénaux. Depuis cette année, elles sont systématiquement envoyées vers des tribunaux coutumiers pour leurs intérêts civils, ce qui ne satisferait pas nombre d’entre elles. Qu’en pensez-vous ?

Cette problématique n’est pas remontée jusqu’à moi, je ne le savais pas.

  • Avez-vous un message pour les jeunes femmes de Calédonie ?

Oui. C’est un message d’encouragement pour les jeunes filles conscientes de leur rôle dans le développement de ce pays. Qu’elles se prennent en main, déjà, au niveau de la poursuite de leurs études, de leur formation, pour être des femmes responsables dans la construction du pays, aux côtés des hommes.

Propos recueillis par Marc Baltzer

 

Huit jours de colloque

Le colloque de Canala a débuté mercredi, dans la salle Machoro, avec la mise en place de trois ateliers : Le rôle du médiateur, Comment sensibiliser au droit des femmes, et L’économie informelle vers l’économie formelle. Ce soir, après trois journées de travaux, une synthèse sera rédigée par chaque atelier. Demain et dimanche, des visites de projets économiques et culturels sont organisées. Lundi matin, aura lieu la restitution des travaux. L’après-midi sera réservé au débat. Enfin, la Journée de la femme du 8 mars verra la présentation publique des travaux et de la feuille de route 2011, le matin entre 9 heures et midi.

 

 



06/03/2011
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