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La culture du Nord sans complexes


 
Hier, le complexe culturel de la province Nord a été inauguré. Le point de départ d’un accès à la culture pour tous et l’ouverture d’un lieu d’expression où l’échange sera vecteur de liens. Première pierre de cette volonté, avec le tout premier spectacle présenté dans l’auditorium.

Pendant que dans le Sud, beaucoup craignent qu’on ne « guillotine » la culture, dans le Nord, on a fait la fête pour cette inauguration du complexe culturel qui a ouvert ses portes pour la première fois au public. Des portes qui souhaitent rester grandes ouvertes pour accueillir tous les amoureux de la culture et tous les curieux avides de découvertes.
Hier, les représentants des coutumiers, Samuel Goromido, sénateur ; des institutions, Joseph Goromido, maire de Koné, Paul Neaoutyine, président de la province Nord, Déwé Gorodé, en charge du secteur de la culture au gouvernement, et Albert Dupuy, le haut-commissaire, ont coupé le ruban, donnant le coup d’envoi de saisons culturelles qu’on souhaite riches et divertissantes.

Savoir. Après l’ouverture de la médiathèque du Nord à Poindimié, en 2005, cet espace de savoir est une pierre supplémentaire dans la balance du rééquilibrage qui va permettre à tous un accès à la culture. À travers la médiathèque qui proposera en prêt de nombreux ouvrages qui n’auront rien à envier au fonds nouméens. Mais aussi grâce à l’antenne du Conservatoire de musique qui rend cette pratique accessible dans des conditions optimales. Et, enfin, grâce à cet auditorium de près de 250 cinquante places qui va permettre d’accueillir des spectacles d’envergure.

Il convient de restituer au peuple Kanak son identité confisquée.

Hier, les invités ont pu vérifier la qualité des installations en suivant la visite guidée par les architectes du projet, Jean Kerdonkuff et Sylvie Ghesquier. Les premiers pas dans les 400 m2 de la future salle de la médiathèque ont déjà convaincu. Les étagères destinées à ranger les livres sont encore en mer, mais devraient arriver d’ici à la fin de l’année. On compte donc sur une ouverture de cette médiathèque à la rentrée prochaine. Une petite incursion dans les réserves a permis de s’apercevoir de l’importance du fonds qui sera à disposition.
Un rafraîchissement après ce petit tour du propriétaire où les architectes ont jonglé avec les couleurs, les matières et les formes, et direction l’auditorium où attendait la toute première représentation donnée dans ce complexe culturel.

Magique. La salle bien sûr, mais sans chœur elle ne serait rien. Et hier, sur commande du Conservatoire de musique et de la bibliothèque Berhneim, la cantate, Le chant du souvenir (livret de Denis Pourawa et musique d’Alain Huteau) interprétée sur cette scène, a montré toute la nécessité d’un tel lieu en province Nord.
Qu’on ait aimé ou pas, là n’était pas la question. L’important, et c’est toute la philosophie de ce complexe culturel, est de permettre de découvrir autre chose, de montrer que la culture est vecteur de liens et de rapprochement entre les communautés. « Il convient de restituer au peuple kanak son identité confisquée », indique le préambule de l’accord de Nouméa.
Ce complexe culturel pourrait devenir ce lieu d’expression vers le destin commun et œuvrer à la construction d’une identité calédonienne. Reste à le nourrir durablement avec d’aussi bonnes prestations qu’hier.

Marjorie Bernard

 

 

« Remettre au centre l’identité kanak »

Questions à... Hervé Lecren, coordinateur de l’annexe du Conservatoire de musique.

  • Les Nouvelles Calédoniennes : Comment vous sentez-vous dans ces locaux flambant neufs ?

 Hervé Lecren : Nous sommes installés ici depuis le mois d’août. C’est sûr, ça change des anciens locaux. C’est différent, ici on a de belles salles. On peut développer notamment la pratique collective. Je trouve important cet apprentissage où l’on joue ensemble et que l’on essaie d’apprendre en s’amusant.

  • LNC : Les nouvelles technologies sont également de la partie. Quel est l’intérêt ?

On est fatigué d’être toujours en retard par rapport aux autres pays. Plutôt que de produire, ça nous oblige à faire du copier-coller pour les rattraper. Or avec cette salle de MAO (Musique assistée par ordinateur), non seulement nous sommes à un clic de souris de Paris, de l’Australie ou des États-Unis, mais surtout nous allons pouvoir anticiper et ainsi sortir de cette problématique pour créer. On a la chance d’avoir des racines, c’est une richesse qu’on doit utiliser.

  • LNC : Justement, vous souhaitez mettre au centre de votre apprentissage la musique traditionnelle kanak et, plus largement, océanienne : vers quel objectif ?

Demain, je veux qu’on joue de la guitare à l’océanienne ! Je veux que les jeunes reprennent des airs de Vamaley.
Il faut remettre au centre l’identité kanak en la nourrissant, pour construire ensuite une identité calédonienne.
C’est à ce pari sur l’intelligence que nous travaillons.

 

 



28/11/2010
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