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La fin du tout-voiture en 2016

Le projet d’un vrai réseau de transport  public, avec des bus sur des voies réservées, a reçu l’aval de l’État mercredi. Il versera une subvention de 2,1 milliards pour sa réalisation, soit 11 % du montant total du projet.


C’était moins une, comme on dit. « Le 7 octobre 2010, à Paris, nous avons déposé le dossier de l’appel à projet seulement un quart d’heure avant la clôture », s’amuse Gil Brial, président de la commission des transports à la province Sud, visiblement heureux. L’homme a de quoi, la province Sud et le SIGN (Syndicat intercommunal du Grand Nouméa) ont appris hier matin que l’État accordait au projet de TCSP (transport en commun en site propre) une subvention de 2,1 milliards de francs, soit la plus importante des 33 projets acceptés (Métropole et Outre-mer confondus) dans le cadre du Grenelle de l’environnement. L’État rendait éligible à des financements pouvant aller jusqu’à 20 %, hors matériel roulant, la création d’un vrai réseau de transport public de nature à réduire la pollution automobile.

«Les bus offrent la même qualité de services qu’un tramway, trois fois plus cher.»

Cohérence. La mise en place des bus à haut niveau de service (BHNS) dans le Grand Nouméa obtient ainsi une aide de 11 % du montant total du projet. « Nous avons choisi cette solution car elle revient entre 500 millions et 1 milliard du kilomètre, qu’elle offre à la population la même qualité de services, à savoir un confort identique, de vraies gares, des voies réservées, une priorité aux carrefours et une accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, que le tramway, qui coûte trois fois plus cher », argumente Gil Brial, qui estime que le montant de la facture totale s’élèvera à près de 20 milliards et que les travaux pourraient démarrer en 2013 pour une mise en service fin 2016.

Financement. Pour en arriver là, l’année 2010 a été une véritable course contre la montre pour les élus du Grand Nouméa, car l’État imposait ses conditions avant le dépôt du dossier. Il fallait tout d’abord que les collectivités concernées [province Sud et communes, NDLR] valident le schéma de cohérence et le plan de déplacement de l’agglomération. Qu’un financement dédié soit affecté au projet (lire encadré). Et, enfin, que soit constituée une unique autorité organisatrice des transports (AOT), capable d’harmoniser le fonctionnement de Carsud, de Karuïa, de Transco et même d’éventuelles navettes maritimes. Cette autorité a été finalisée, le 1er septembre 2010, un mois seulement avant le dépôt du dossier, avec la création du syndicat mixte du transport urbain. « Je ne cache pas que c’est la couleur politique unique qui nous a permis de mettre tout cela en place en un an, alors que, pour les agglomérations métropolitaines, c’est plusieurs années de travail », lance Gil Brial, soutenu par Georges Naturel, le président du SIGN.

Ludovic Lafon

 

 

Le carburant taxé

Pour être éligible à la subvention de l’État, l’appel à projet devait comprendre une recherche de financement pérenne pour ce type de transport grâce à une nouvelle fiscalité. Si en Métropole les transports en commun sont financés grâce au versement transport, une taxe sur la masse salariale des entreprises pour que le billet ne soit pas trop cher à l’arrivée, la Calédonie préférera taxer le carburant. « Si nous voulons que les Calédoniens délaissent un peu la voiture au profit des transports en commun, taxer le carburant nous semble le plus juste », précise le président de la commission des transports à la province Sud, qui travaille en ce sens avec le gouvernement. Sa mise en place est prévue dès 2012 et peut-être même avant...

 

 

 

Repères

  • 21 kilomètres de lignes

L’étude de faisabilité définitive sera rendue en juin, mais le projet comprend 33 stations et 21 kilomètres de lignes en Y, de Port-Moselle à Dumbéa d’un côté et à Boulari de l’autre. La ligne ferait également une boucle dans Ducos. Le trajet devrait être 90 % en site propre, comprenez sur des voies réservées, ce qui est beaucoup par rapport à certaines villes métropolitaines.

  • 50 % de la population desservie

L’étude montre que 50 % de la population du Grand Nouméa vit à moins de 500 mètres de ces deux lignes et serait desservie. L’objectif étant de toucher en premier la population qui prend sa voiture le matin et ne la reprend que le soir pour rentrer, ce que l’on appelle les mouvements pendulaires.

  • Les navettes maritimes d’actualité

L’étude de faisabilité du transport en commun en site propre comprend le dispositif des navettes maritimes, qui a été bien accueilli à Paris. Il est plus que jamais d’actualité.

  • Un bon chantier pour l’avant-2014

Les élus qui craignent un ralentissement de l’activité à l’approche de 2014 soutiennent ce projet, qui devrait permettre à de nombreuses entreprises de remplir leur carnet de commandes.

  • Un prêt sur quarante ans

Le SMTU, même s’il compte plus tard sur des aides de l’État via les contrats d’agglomération, a déjà pris les devants avec la Caisse des dépôts et consignations et l’Agence française de développement pour un prêt sur quarante ans. Car s’il faut compter sur 20 milliards, hors bus, pour la mise en place, il va falloir anticiper sur les frais d’exploitation.

 


11/02/2011
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