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La Marseillaise, un symbole très critiqué et très défendu


Ils sont de plus en plus nombreux ceux qui aimeraient voir disparaître la Marseillaise. Chant guerrier hérité d'une autre époque, jugé trop agressif, trop violent, l'hymne national français est de plus en plus critiqué. On regrette son vocabulaire sanglant et on souhaite en changer les paroles.

En mars 2005, la loi Fillon visant à réformer l'éducation a rendu obligatoire l'apprentissage de la Marseillaise dans les classes maternelles et primaires. Nos chers bambins, au grand dam de Christine Boutin, sont donc réquisitionnés à chaque commémoration : 11 novembre, 18 juin, mont Valérien, réunions d'anciens combattants et inaugurations diverses pour entonner le « Aux armes citoyens ».

Seulement, voilà, « Qu'un sang impur abreuve nos sillons » fredonné par un enfant d'à peine 8 ans, ça choque un peu. Si bien qu'au Sarkoland, on digère mal la boulette. Et quand ça trépigne, il faut faire vite, réparer tout ça, trancher dans le vif. La Marseillaise au placard, mieux, tranchons-lui la tête.

Tiens, tiens ? Me voilà soudain possédé de l'esprit de feu Stéphane Guillon et je ne peux m'empêcher d'imaginer notre petit roi terrorisé à l'idée d'avoir semé dans les maternelles de la graine de révolutionnaire.

Supprimer la Marseillaise c'est légitimer le retour de la royauté.

Oui, parfois on siffle la Marseillaise. On s'offusque, ça remue, ça crie fort et ça veut interdire toute atteinte aux symboles de la nation. En Algérie, un jeune vient de se prendre huit ans de prison ferme pour avoir remplacé le drapeau algérien par le drapeau français !

Si siffler l'hymne national est un acte anti-français, mettre en prison pour ça est quand même démesurément totalitaire. C'est ni plus ni moins refuser d'entendre le cri du peuple.

Bien évidemment, ça ne se fera pas brutalement. On gardera la musique et on changera les paroles. Actuellement c'est le texte de Graeme Allwright, un Néo-Zélandais, qui a la côte :

« Pour tous les enfants de la terre
Chantons amour et liberté.
Contre toutes les haines et les guerres
L'étendard d'espoir est levé
L'étendard de justice et de paix.
Rassemblons nos forces, notre courage
Pour vaincre la misère et la peur
Que règnent au fond de nos coeurs
L'amitié la joie et le partage.
La flamme qui nous éclaire,
Traverse les frontières
Partons, partons, amis, solidaires
Marchons vers la lumière. »

Comme si on n'avait pas pu confier ce travail à Didier Barbelivien ou Jean Jacques Goldman ? On me glisse à l'oreille que Faudel et Doc Gynéco avaient les faveurs du roi, mais que finalement un Anglais, ça le rapprocherait de la reine mère. Sacré Nicolas, toujours aussi fort en géographie !

Trêve de plaisanterie, quand j'étais petit c'est « A la claire fontaine » que j'apprenais à l'école, j'y ai trouvé l'eau si belle que je m'y suis baigné. Plus tard j'ai appris la Marseillaise en regardant les matchs de foot à la télé, et surtout le rugby. Personne ne m'a jamais pris la tête avec ça.

Aujourd'hui ça me fait tout drôle à chaque fois que j'entends les premières mesures de notre hymne national. J'ai une pensée pour Guy Môquet et aux 27 de Châteaubriant, qui montèrent dans les camions en la chantant la Marseillaise, et, après avoir refusé d'avoir les yeux bandés, firent face à leurs bourreaux.

Je pense à Victor Hugo, aux misérables, à Gavroche chantant ou gouaillant :

« En avant les hommes ! qu'un sang impur inonde les sillons ! Je donne mes jours pour la patrie, je ne reverrai plus ma concubine, n-i-ni, fini, oui, Nini ! Mais c'est égal, vive la joie ! Battons-nous, crebleu ! J'en ai assez du despotisme ».

Je pense aussi à Jean Pierre Rives, Casque d'or, capitaine de la première équipe de France victorieuse des All Blacks, à Auckland en Nouvelle-Zélande, un fameux 14 juillet 1979… C'est tout ça, la Marseillaise.



27/08/2010
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