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La précieuse orchidée s’installe à Nathalo

La Maison de la vanille a été inaugurée officiellement hier. Située dans la tribu de Nathalo, elle est l’aboutissement d’une volonté de développement de la filière vanille dans la province des Îles.

Au bout de la tribu de Nathalo, entourée par la forêt, la Maison de la vanille a officiellement vu le jour hier. Elle est composée de deux imposants bâtiments orangés, aux formes arrondies. Ils ont été conçus par l’architecte Marcel Meleme, qui les présente avec fierté : « C’est le premier projet de ce type en Nouvelle-Calédonie. On a travaillé en lien avec des spécialistes de la Réunion et de Madagascar. Les soucis de délais, de desserte maritime, les contraintes techniques sont derrière nous : c’est un aboutissement. »
Pour Neko Hnepeune, président de la province des Îles, « la Maison de la vanille s’inscrit dans notre politique de développement de filières. Après les unités de conditionnement pour la pêche et l’agriculture, la vanille avait besoin d’une structure pour faciliter le travail des producteurs, qui n’auront plus à se préoccuper de l’écoulement de leur production. » Le président a souligné que le prix d’achat de la vanille n’est pas encore fixé et a rappelé aux producteurs que « nous sommes partenaires, et nous devrons trouver un juste milieu pour donner la possibilité de faire vivre des familles, tout en tenant compte de la rentabilité et des prix imposés par le marché international ».

Séchage. Michel Crechet, commissaire délégué des Îles, a souligné « l’enjeu économique de cette réalisation, qui offre des perspectives de développement importantes, d’où son inscription dans les contrats de développement, qui sont le bras financier de l’accord de Nouméa. [...] Les îles Loyauté fournissent 90 % de la production de vanille calédonienne, et les perspectives de développement sont encore importantes, lorsque l’on sait que 350 kilos de vanille sont encore importés. »

Ça nous permettra d’avoir du temps pour développer notre vanilleraie et produire davantage.

Les producteurs de Maré et Ouvéa ont fait le déplacement, car la structure implique l’ensemble des Loyauté. Pour Evelyne Utchaou, de l’association des producteurs d’Ouvéa, « ça va changer notre façon de travailler, puisqu’on aura un appui technique pour évaluer le moment de la récolte, et on n’aura plus à gérer les phases délicates de l’échaudage et du séchage ».
Label. A Maré, Charles Wadrawane est le président du GIE des producteurs : « C’est une avancée pour nous. On vendra le produit brut, juste après la récolte. Avec les fiches d’Arbofruits, on assure le suivi de la production, et on n’a plus à se préoccuper des autres phases, qui sont très délicates et très longues. Ça nous permettra d’avoir du temps pour développer notre vanilleraie et produire davantage. » Même constat du côté des producteurs de Lifou. Chacun s’accorde à dire que la question du prix d’achat de la vanille n’est pas fermée, mais qu’il faut trouver un juste milieu.
La volonté de voir la production de vanille décrocher le label Bio a également été évoquée. Pour cela, Bio Calédonia s’est associé à la réflexion sur la filière. Autre acteur aux côtés des producteurs, Arbofruits est en charge du suivi technique. Pour son président, Norene Warekaicane, « l’enjeu est de pérenniser la filière, avec l’implication des producteurs ». Enfin, Gilbert Pidra, le futur gérant de la Maison de la vanille, se prépare à recevoir les premières récoltes. Chaque maillon est en place au sein du bâtiment de séchage, qui n’attend plus que le début de la récolte, d’ici le mois de mai.

 

Repères

Contrats de développement
Le coût global de la maison de la vanille s’élève à 190 millions de francs, financés à 80 % par l’État dans le cadre des contrats de développement. Le bâtiment et ses aménagements extérieurs (63 millions) seront destinés à accueillir le public : démonstrations, salle de projection et vente valoriseront le produit.

Maturation
L’unité de séchage (125 millions), fermée au public, transformera la vanille vendue par les producteurs des trois îles et assurera sa maturation pendant un an.

Gestion
41 millions ont été attribués à la Sodil lors de la dernière assemblée de province, pour créer la structure de gestion, dans laquelle les producteurs, constitués en GIE, seront également impliqués.

 

 



01/04/2011
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