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La « tragédie » aborigène

Publié le jeudi 23 juin 2011 à 03H00, Les Nouvelles Calédoniennes.

Les Aborigènes, qui ne comptent que pour 2,5 % de la population australienne, représentent 25 % des personnes emprisonnées. Le comité gouvernemental chargé des affaires aborigènes estime qu’il s’agit d’une « tragédie nationale ».

En novembre 2010, le Premier ministre australien, Julia Gillard, faisait part de son intention d’organiser un référendum pour l'introduction dans la Constitution du pays d'un paragraphe sur la reconnaissance des Aborigènes. Depuis, le comité en charge des affaires aborigènes attend toujours que le dossier avance et qu’une date soit fixée.

Photo Archives AFP

 

Les jeunes aborigènes, qui représentent 59 % de la population carcérale juvénile, ont 28 fois plus de risques d’être emprisonnés que le reste de la population, souligne le premier rapport réalisé par le tout nouveau comité gouvernemental chargé des affaires aborigènes.
Un chiffre qui en dit long sur l’avenir du peuple premier australien. Ainsi, ceux qui ne représentent que 2,5 % de la population, comptent pour 25 % des personnes emprisonnées. Un population carcérale jeune, issue d’un milieu défavorisé qui peine encore et toujours à trouver sa place sur l’île-continent.

Destin. A noter que cette surreprésentation des jeunes aborigènes s’explique par un désavantage économique et social, qui est le même que celui rencontré par leurs parents. « Même si les aborigènes australiens ne représentent qu’environ 2, 5 % de la population, ils existent et l’on doit s’en préoccuper. Ce constat, cet échec et ce destin qui semble inéluctable constituent une tragédie nationale et on doit s’interroger pour savoir pourquoi ce bilan s’est dégradé de façon dramatique malgré les réformes recommandées par une commission royale ».
Le taux d’aborigènes incarcérés a sensiblement augmenté depuis une enquête réalisée il y a vingt ans sur la mortalité des aborigènes en prison.
Le nombre d’hommes aborigènes emprisonnés a augmenté de 55 % en dix ans. Celui des femmes a crû de 47 %.

Honte.

« Un dysfonctionnement intergénérationnel » est avancé pour expliquer cette hausse. De nombreux jeunes aborigènes sont exposés à des violences familiales, à l’alcoolisme ou à l’usage de drogue, à de mauvaises conditions sanitaires et de logement, à une faible scolarisation, à une mauvaise formation professionnelle et à un manque d’offres d’emplois. « Cette situation est une honte nationale et tous les gouvernements, au niveau fédéral ou régional, et le Commonwealth, ont échoué à trouver les réponses adaptées », estime le rapport.
Le comité, créé en janvier dernier, demande des actions « rapides et efficaces », appelant à étudier des solutions alternatives à l’emprisonnement pour les jeunes et à de meilleurs programmes d’insertion, en prison et à la sortie.
Le comité appelle à la mise en place de quotas ou de sièges réservés aux aborigènes au Parlement australien.
Sur les 22 millions d’Australiens, 470 000 sont aborigènes. Les taux d’emprisonnement, de chômage et de grave maladie sont bien plus élevés chez eux. Un homme aborigène vit en moyenne 11,5 ans de moins qu’un Australien non indigène et une femme 9,7 ans de moins.



07/07/2011
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