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Le gouvernement crée un prêt étudiant au taux du marché

La ministre de l'enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a confirmé, mercredi 3 septembre, la création d'un prêt bancaire étudiant garanti par l'Etat. Dès la mi-septembre, les étudiants pourront emprunter auprès de Cetelem et de la Banque populaire jusqu'à 15 000 euros au taux d'intérêt du marché. Ce prêt sera remboursable après les études et ne nécessitera pas de caution. En cas de défaillance de l'étudiant, 70 % de la garantie sera pris en charge par l'Etat et 30 % par les banques.

Actuellement, les prêts étudiants nécessitent une caution parentale et sont de fait dans la majorité des cas réservés aux étudiants des grandes écoles. En France, seuls 5 % des étudiants seraient emprunteurs. Le gouvernement qui, pour 2008, a provisionné 5 millions d'euros pour ce nouveau dispositif, espère qu'il attirera 20 000 étudiants d'ici à la fin de l'année et 60 000 à la fin 2009.

Les organisations étudiantes, peu favorables au système de prêt, ont accueilli sans enthousiasme cette annonce. "C'est une supercherie. Ce prêt privé contracté au taux du marché sera moins avantageux que le prêt public à taux zéro que le gouvernement va supprimer", affirme Jean-Baptiste Prévost, président de l'UNEF, le syndicat majoritaire.

Par l'intermédiaire des Crous, l'Etat propose des emprunts à taux zéro, appelés "prêts d'honneur", d'un montant moyen annuel de 2 282 euros. Ils sont accordés aux étudiants non boursiers, sans caution, et remboursables dix ans après l'obtention d'un diplôme. Moins de 1 500 prêts de ce type ont été distribués en 2007. Ils disparaîtront avec le nouveau dispositif. Pour la FAGE (deuxième organisation), "ces prêts bancaires seront très utiles aux étudiants de la classe moyenne mais, ils ne peuvent pas être considérés comme une réponse globale aux problèmes de financement des études".

Nicolas Sarkozy avait promis, pendant sa campagne, la mise en place d'un prêt étudiant à taux zéro. Cet objectif a été revu à la baisse. En juillet 2006, dans un rapport sur les conditions de vie des étudiants, Laurent Wauquiez, alors député UMP, avait estimé que le lancement d'un tel prêt nécessiterait un fonds de roulement de l'ordre de 50 millions d'euros.

Catherine Rollot

LE MONDE | 04.09.08 | 14h19  •  Mis à jour le 04.09.08 | 14h19



04/10/2008
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