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Le recensement 2009 refait surface



Un projet de décret reprenant le chiffre du recensement 2009 contesté sera examiné, pour avis, mardi par l’exécutif de la Nouvelle-Calédonie. Si le texte est ensuite validé par le Premier ministre François Fillon, les données ethniques pourraient être connues en fin d’année.

 

Le chiffre

2014

Après le recensement de 2004 accusé d’imprécision en raison du boycott lié à l’absence des questions ethniques, après le décompte 2009 contesté par l’exécutif, le prochain grand inventaire est prévu (quel hasard !) en 2014.

 

1, 2, 3…le compte repasse sous la lumière. Saisi par le haut-commissariat, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie examinera, pour avis, mardi, le projet de décret relatif au recensement de la population. Le revoilà, après plusieursmois de silence. Le document reprend, d’après nos indications, le chiffre issu de l’enquête 2009, dévoilé en novembre dernier et confirmé en février par l’Institut national de la statistique et des études économiques, l’Insee : soit 245 580 habitants.
L’affaire avait fait grand bruit, l’exécutif avait contesté ce résultat peu après sa divulgation, fruit du sondage mené par sept cents agents dans le pays entre le 27 juillet et le 29 août l’an passé. Et aujourd’hui ? L’équipe de Philippe Gomès pourrait émettre des réserves ; le gouvernement est, quoi qu’il en soit, consulté pour un simple avis.
Après lecture de cette observation, l’officialisation, ou non, reviendra au final au Premier ministre, François Fillon. Sa signature du décret, en cas d’approbation de l’actuelle proposition en Calédonie, pourrait s’effectuer dans quelques semaines, pour une publication au Journal officiel en octobre ou novembre. Et la boucle serait bouclée. Aumoins pour cette édition-là. Le territoire compterait bien 245 580 âmes.

Si les habitants patientent, les maires s’impatientent.

Le recensement des foules au plus près d’elles offre la formidable opportunité de les étudier. La première ronde d’informations émises par l’Institut local de la statistique et des études économiques intéressera l’état civil des Calédoniens : sexe, âge, lieu de naissance, peut-être niveau d’études… Ces éléments seront connus, si aucune protestation ne surgit, en toute fin de cette année. Tout comme d’ailleurs les données liées à la communauté ethnique, terme rebaptisé aujourd’hui en communauté d’appartenance par les autorités compétentes.
Cette analyse est bien sûr très attendue, notamment par les politiques, après l’absence d’indications à ce sujet au décompte 2004. Le président de la République, Jacques Chirac, avait condamné ces questions rattachées à l’origine en 2003 et les avait fait supprimer du formulaire l’année suivante. Combien sont alors les Mélanésiens, les Européens, les Wallisiens, etc. ? Combien de Calédoniens ont coché une double ou triple appartenance communautaire pour témoigner de leurmétissage, comme le recensement 2009 leur en donnait la possibilité ? Patience. Puis courant 2011, une deuxième et une troisième valses de données seront diffusées sur les aspects sociaux comme la profession et le chapitre du logement.
Si les habitants patientent, les maires s’impatientent. Car faute d’officialisation du nouveau chiffre tiré du recensement, une partie des sommes allouées aux collectivités est calculée sur la base du dernier listing authentifié, beaucoup plus ancien. Une mauvaise histoire pour les communes dont la population a objectivement augmenté depuis le précédent décompte. Le nombre de citoyens sur le territoire est en effet la composantemajoritaire de l’évaluation de la dotation de l’État.
En 2009, la dotation globale de fonctionnement était de 7,8 milliards de francs, dont 6milliards de dotation forfaitaire. Selon un expert, cette dernière aide se serait élevée de 3 % avec la prise en compte du recensement. Soit un manque à gagner de 200 millions de francs. Pas négligeable en ces temps de rigueur budgétaire. En outre, si l’enveloppe globale du Fonds intercommunal de péréquation ne bouge pas - 17 milliards de francs en 2009 -, la répartition entre les trente-trois communes varie, elle, en fonction de la population recensée, un critère qui entre pour 43 % dans le calcul. Le retard dans la trésorerie des collectivités peut être rattrapé. Les yeux se tournent vers Matignon.

Y.M.

 

Une mission sur les flux migratoires

La problématique des flux migratoires avait été clairement mise en évidence, en février dernier, par l’Insee. Un expert de l’institut va opérer une mission sur le territoire à la fin du mois, et pour une quinzaine de jours. Un travail d’analyses est déjà opéré sur ce dossier sensible et complexe depuis juin. Les résultats de cette étude devraient être connus en fin d’année. Les flux migratoires, voilà une préoccupation forte de la classe politique calédonienne, particulièrement des indépendantistes qui ont toujours craint et souvent dénoncé une « immigration massive minorant le peuple kanak dans son propre pays ». Le recensement 2009, rapporté à celui de 2004, n’a pas permis d’en avoir le coeur net, et indiquerait plutôt des flux migratoires nuls. Il faut donc aller plus loin dans les investigations. L’actuelle étude s’appuie sur une partie des données du décompte 2009, mais aussi sur d’autres sources statistiques comme les recensements métropolitains - qui identifient les Calédoniens s’installant dans l’Hexagone -, les informations aéroportuaires, les enquêtes auprès des passagers, etc.



22/08/2010
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