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Le thon sur la touche

Polynésie. La pollution au mercure serait plus dangereuse que ce que l’on croyait

 

Les Nouvelles Calédoniennes. Publié le jeudi 13 décembre 2012 à 03H00

 

Des études produites par deux ONG américaines affirment que la pollution marine au mercure augmentera de 50 % d’ici 2050 dans l’océan Pacifique, si rien n’est fait. La filière polynésienne du thon pourrait être impactée, au pays de la salade tahitienne.

 

Au fenua, la consommation des pélagiques est tellement importante que les risques sur la santé des sujets sensibles sont réels.

Au fenua, la consommation des pélagiques est tellement importante que les risques sur la santé des sujets sensibles sont réels.

 

Le mercure contenu dans certains poissons serait plus dangereux que ce que l’on croyait jusqu’à maintenant. Relayées par le quotidien Le Monde, les études de Biodiversity research institute et de Zero Mercury working group, indiquent que le niveau de contamination de mercure dans les produits de la mer serait non seulement en train d’augmenter, mais aussi que « de petites quantités de métal toxique pourraient être suffisantes pour entraîner des troubles du développement cérébral ainsi que d’autres problèmes de santé ».

Pour rappel le mercure, métal hautement toxique, est présent dans de gros poissons prédateurs comme le requin, l’espadon ou certaines espèces de thons.

Le Dr Edward Groth, conseiller à l’OMS (Organisation mondiale de la santé), affirme ainsi que « des niveaux d’exposition définis comme sûrs par les seuils officiels, causent en fait des effets indésirables ».

 

Concentration.

En somme, le rapport conseille d’abaisser ces valeurs limites de consommation à un quart des recommandations actuelles des États-Unis. Et surtout, d’éviter totalement des espèces comme le marlin ou le thon rouge du Pacifique.

De quoi faire grincer les dents des producteurs polynésiens de thons. Ce qui est certain aujourd’hui, c’est que le taux d’imprégnation du mercure dans le thon pêché en Polynésie française est évalué entre 0,2 à 0,3 partie par million (ppm), selon l’Institut Malardé (ILM), alors que les normes américaines ou internationales préconisent de limiter la consommation aux sujets sensibles, femmes enceintes, femmes qui allaitent ou enfants de moins de 30 mois, à 0,5 ppm. On peut donc estimer que les thons pêchés dans nos eaux ne présentent aucun risque.

 

Accumulation.

Seulement voilà, la gastronomie polynésienne étant essentiellement à base de poisson, dont le thon, un Polynésien peut être amené à en consommer une à deux fois par jour. « Nous consommons trop de thons et l’accumulation des doses ingérées peut avoir des conséquences sur la santé », expliquait récemment Edouard Suhas, chercheur à l’ILM.

Aujourd’hui, la situation n’est guère dramatique, mais si l’OMS venait à encourager chaque pays de la région à suivre à la lettre les nouvelles recommandations établies dans le rapport de la Biodiversity Research Institute, ce serait la mort certaine de la filière thons.

Les précédentes recommandations de l’OMS incitaient la population polynésienne à limiter sa consommation, à raison d’une fois par mois pour les sujets sensibles et une fois par semaine pour le reste de la population. Il est certain qu’il n’y a jamais eu de contamination au mercure due à la consommation du thon pêché dans nos eaux. Par contre, selon l’institut national américain des pêcheries, 84 000 Américains meurent chaque année du fait d’une carence en acide gras Oméga 3, qu’on trouve dans les poissons.

 

Choisir.

Pour les auteurs de cette récente étude, l’idée n’est pas d’arrêter la consommation du poisson, mais de faire un choix parmi les autres espèces moins exposées au mercure.

Au Fenua, le poisson du lagon pourrait être une option. Seul bémol : pour les Polynésiens qui sont de gros consommateurs de sashimi, carpaccio, poisson cru ou encore de fafaru, changer les habitudes alimentaires serait une sacrée paire de manches.

 

Le chiffre

0,2

 Le taux d’imprégnation du mercure dans le thon pêché en Polynésie française est évalué entre 0,2 à 0,3 partie par million (ppm).

Les bénéfices du poisson

Alors que de nombreuses recommandations indiquent au consommateur les risques de consommer un poisson hautement contaminé par le mercure, peu d’entre elles contiennent des informations sur les bénéfices de la consommation de poisson. Quelques études ont montré que la consommation globale du poisson décroît en réponse à ces recommandations, avec, en parallèle, une perte des bénéfices nutritionnels de la consommation de poisson. D‘autres études indiquent que les pêcheurs, localement, ne tiennent pas compte de ces recommandations ou les considèrent comme non crédibles. Les experts en santé publique considèrent que les recommandations sur la consommation de poisson doivent être améliorées pour donner un message clair et simple sur le poisson incluant l’impact sanitaire, écologique et économique.

Ce mercure qui nous empoisonne est, sans surprise, issu des activités agricoles et industrielles qui nous entourent, et en particulier l’industrie du chlore, qui ne s’est pas adaptée aux avancées technologiques remplaçant l’électrolyse à mercure par des techniques à diaphragmes ou à membranes moins polluantes.

 

La Dépêche de Tahiti



13/12/2012
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