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« Les artistes peuvent aider à apaiser les blessures »

Les Nouvelles Calédoniennes. Publié le vendredi 16 novembre 2012 à 03H00

Alpha Blondy, star du reggae africain, est sur le Caillou pour deux dates exceptionnelles. Malgré la fatigue du voyage depuis la Côte-d’Ivoire où il vit, il nous a accordé cette interview hier, à son arrivée.

Alpha Blondy se produit pour la troisième fois en concert  en Nouvelle-Calédonie, pays pour lequel il a beaucoup d’affection.

Alpha Blondy se produit pour la troisième fois en concert en Nouvelle-Calédonie, pays pour lequel il a beaucoup d’affection.

Photo Thierry Perron

 

Les Nouvelles calédoniennes : C’est votre troisième visite en Calédonie, que ressentez-vous pour ce territoire ?

Alpha Blondy : J’ai vraiment une affection pour la Calédonie. Je me souviens avoir été reçu par le Sénat coutumier, un moment fort. Ici, c’est comme un bout de chez moi avec du soleil et des gens sympas.

 

Avec près de trente ans de musique engagée derrière vous, croyez-vous toujours à son pouvoir de faire changer le monde ?

Bien sûr. On dit que la musique adoucit les mœurs mais elle peut aussi faire réfléchir. Les jeunes en particulier, qui écoutent nos chansons. Certains d’entre eux occuperont un jour des postes à responsabilité. Si la musique leur fait passer un message positif maintenant, elle peut agir comme une graine dont on verra les fruits plus tard.
 

Comment l’Afrique évolue-t-elle, selon vous ?

Ce qui est sûr, c’est qu’elle change. Même si c’est difficile, elle est en train de se démocratiser. Aujourd’hui, les Africains ne tolèrent plus qu’il y ait un coup d’Etat toutes les semaines. Ils veulent que le pouvoir vienne des urnes.

 

Vous arrivez juste d’une « tournée de la réconciliation » en Côte-d’Ivoire…

Ça nous a laminés. On a beaucoup donné, et il faut dire qu’on arrive ici K.-O. Mais n’ayez pas peur, on va quand même donner de super concerts (rires). Bon, il faut dire avant tout que les politiciens sont des hommes, qui font des conneries comme les autres. Mais quand ils se plantent, les conséquences peuvent être terribles. C’est ce qui s’est passé en Côte-d’Ivoire. Heureusement, les artistes peuvent aider à apaiser les blessures, et c’est ce qu’on a tenté de faire en participant à cette tournée, qui réunissait plus de deux cents artistes sur six dates.
 

A cette occasion, vous avez donné un exemple de réconciliation en faisant la paix sur scène avec Tiken Jah Fakoli, mais au fait pourquoi cette dispute ? Des jalousies d’artistes ?

Même pas. Des chichis sans intérêt. Pour moi, c’est un petit frère que je respecte beaucoup, je suis heureux qu’on se soit retrouvé autour de ce projet. On a chanté ensemble un titre qui sera sur mon album à venir l’an prochain.

 

Parlez-nous un peu de cet album…

Il s’appelle Mystic Power. Je ne veux pas en révéler plus pour le moment, pour ne pas le déflorer. Mais disons quand même que c’est du roots rock reggae, avec un accent mis sur le rock. Pour faire passer le message au plus grand nombre.

 

Votre chanson « Protège ton vuvuzela » fait la promotion du préservatif, mais vous vous dites opposé à l’avortement. Ce n’est pas contradictoire ?

Non. Ce n’est pas du tout la même chose. Il faut tout faire pour empêcher un petit d’arriver s’il n’est pas désiré. Mais une fois que le gars est là, il faut l’accueillir.

 


Propos recueillis par Antoine Pecquet



16/11/2012
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