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L’obésité infantile explose en province Nord

 Province Nord - Nord Jeu 28 Oct 2010 |20:00, Les Nouvelles Calédoniennes.

 

Les chiffres relevés par la Direction des actions sanitaires et sociales en province Nord font peur. Le nombre d’enfants souffrant d’obésité est en constante augmentation. En collaboration avec l’Agence sanitaire et sociale, elle propose aux plus jeunes un spectacle destiné à les sensibiliser à l’hygiène alimentaire.

Hier, les élèves de maternelle des écoles l’Immaculée et les Cigales, à Koné, ont pu assister, comme ce sera le cas pour l’ensemble des élèves de moyenne et grande sections de la province Nord, à un spectacle de la compagnie les Kidams, La sorcière Ratatouille. Objectif : sensibiliser les plus jeunes à l’hygiène alimentaire après le constat que le taux d’obésité est en hausse constante chez cette population.

 Le cocktail ravageur qu’on trouve dans les sacs des écoliers pour leur goûter, les célèbres petits amuse-gueules salés et une bouteille de soda bien sucrée, est l’un des facteurs responsables de l’augmentation catastrophique du poids moyen des enfants scolarisés relevée depuis 2001. A cette date, la Direction des actions sanitaires et sociales et des problèmes de santé (Dassps) relevait que 0,1 % des enfants scolarisés souffraient d’obésité.

Ce chiffre a depuis augmenté sans cesse, pour atteindre 14,9 % en 2009. D’autant plus inquiétant qu’un de ces jeunes sur deux deviendra un adulte obèse. Les raisons ? Pascale Domingue, adjointe au Service des actions sanitaires et de la prévention à la Province nord, évoque, tout d’abord, une offre alimentaire dans les magasins et des publicités qui visent exclusivement les enfants. Des produits auxquels de plus en plus de ménages peuvent accéder, étant donné l’augmentation de la masse salariale sur la zone VKP, avec le projet Koniambo.

Le changement de comportement expliquerait aussi ce chiffre inquiétant. « On voit une diminution de l’activité physique en raison du développement des moyens de locomotion et l’apparition d’activités pour les enfants plus statiques comme la télé, les ordinateurs et les consoles de jeux », note Pascale Domingue. Une diminution de l’activité physique à cause de la télé, des ordinateurs et des consoles de jeux. Mais surtout, le fond du problème réside dans un facteur génétique de prédisposition à l’obésité qui est très présent chez nos populations. « C’est un gène de réserve, qui a permis de survivre aux périodes de disettes et qui maintenant, devient un handicap. Sans ce facteur génétique, les facteurs précédemment décrits sont inefficaces pour augmenter le risque d’obésité. Le problème, c’est que l’on ne sait pas “soigner” un gène, du moins pour l’instant », explique Pascale Domingue, en revanche, « on peut intervenir sur les autres paramètres. » Pour enrayer cette spirale, la Dass-PS initie plusieurs actions en direction des plus jeunes, un public facile à éduquer et qui pourra transmettre les bonnes pratiques alimentairesauxparents. C’est dans ce cadre que La sorcière Ratatouille est venue à la rencontre des enfants de Koné, hier, à la salle omnisports. Le message semble bien passer. La sorcière, qui souhaite ressembler aux stars des magazines, décide de se concocter un repas à base d’aliments très douteux, dignes d’une sorcière. En vain, son visage se charge de pustules… Sur les conseils de son maître hibou, elle décide de cuisiner avec des légumes et des fruits. Mais sa gourmandise la rendra malade. Les enfants reprennent alors en chœur avec elle « Ni trop trop, ni trop peu ! » Des fruits et des légumes, oui, mais de manière équilibrée « pour bien grandir et être en bonne santé ». C’est Benoît, 6 ans, qui le dit. Marjorie Bernard (*) Agence sanitaire et sociale de Nouvelle-Calédonie



28/10/2010
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