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Nouvelle-Zélande - Les Indignés bien ancrés

Les Nouvelles Calédoniennes. Publié le mardi 22 novembre 2011 à 03H00

 

Le mouvement des Indignés « Occupez Auckland » campe depuis 39 jours à Aotea Centre, devant la mairie de la ville. A l’approche des fêtes de fin d’année, la municipalité a demandé aux manifestants de lever le camp, mais ils n’en ont pas l’intention.
 

Près de deux cents tentes sont érigées depuis 39 jours sous les fenêtres du bureau du maire d’Auckland. Des campeurs qui font partie du mouvement mondial des indignés qui compte maintenant près de 2 400 camps d’occupation dans 82 pays du monde. Trois camps sont installés en Nouvelle-Zélande dans les villes d’Auckland, Wellington, et Dunedin.
Dans la plus grande ville de Nouvelle-Zélande, les raisons du mouvement sont les mêmes qu’ailleurs : anticapitalismes- avant tout.

Système. Pour Chris Glen, le porte-parole du mouvement « Occupez Auckland », « nous sommes indignés de voir que le monde d’aujourd’hui est marqué par les injustices, la souffrance, et la destruction de l’environnement. 99% de la population mondiale est dans le besoin à cause de la corruption et de l’avarice du dernier pour cent. Le système économique capitaliste ne fonctionne pas, et l’organisation politique actuelle ne parvient pas à régler les problèmes. Nous n’avons pas toutes les réponses, mais nous voulons simplement dire que nous ne sommes plus d’accord avec ce système. »
Entre cent et trois cents personnes campent, selon les jours, à Aotea Centre. La vie du camp s’est organisée surtout grâce à l’aide des dons du public. « Nous recevons environ 200 000 francs par semaine, précise Chris Glen. Et tout ce que vous voyez ici a été donné, même le matériel informatique. Nous devons acheter de l’eau et nous avons un groupe électrogène car la mairie nous a refusé l’accès au robinet et la possibilité de nous brancher sur le réseau électrique. La municipalité ne nous rend pas la vie facile. »



Annulations. Et pour cause : la municipalité voudrait bien voir les Indignés lever leur camp. Surtout que les fêtes de Noël approchent avec de nombreux évènements prévus sur la place d’Aotea centre.
« Ils ont accès à l’eau et nous les avons autorisés à utiliser leur groupe électrogène, répond Glyn Walters, chargé des relations sociales à la mairie d’Auckland. Mais l’occupation coûte beaucoup d’argent aux contribuables. Nous avons déjà eu un manque à gagner d’au moins 500 000 francs car nous avons dû annuler plusieurs évènements. Nous dépensons 1,4 million de francs par semaine pour assurer la sécurité du camp, et nous devrons dépenser trois fois cette somme pour inspecter les dommages potentiels des piquets de tente plantés dans le toit du parking souterrain. Enfin nous aurons des frais si nous devons aller en justice pour les déloger. »
Mais les Indignés ont voté une nouvelle fois, dimanche soir, leur désir de rester sur place.
Doug, un étudiant en techniques de l’audio-visuel à l’université d’Auckland, confie soutenir le mouvement depuis le premier jour, le 15 octobre dernier.
« Parfois, je rentre chez moi car je suis en période d’examen à la fac. Mais dès que j’ai un peu de temps libre, je viendrais donner un coup de main et dormir ici », explique-t-il.
Même motivation pour Cyprian de Castro, un jardinier âgé de 19 ans : « Nous resterons là jusqu’à ce que les choses changent. Ils ne peuvent pas nous obliger à bouger. »

 

Pas de solutions juridiques

La mairie d’Auckland est confrontée à un sérieux obstacle légal pour parvenir à faire lever le camp des Indignés: le Bill of Rights de 1990. Une loi qui garantit à n’importe quel groupe de personnes le droit de se rassembler de manière pacifique pour exprimer ses opinions.
Huit conseillers municipaux de la mairie d’Auckland en colère ont demandé au maire de saisir la justice afin d’obtenir un ordre d’éviction pour que la police déloge les Indignés. Ces conseillers municipaux affirment que la mairie doit fonder sa demande sur une interdiction municipale de camper. Et aussi sur le fait que le camp empêche les contribuables de jouir de l’usage d’un square du centre-ville. Mais comme l’écrit John Armstrong, un éditorialiste dans les colonnes du quotidien New-Zealand Herald : « il y a peu de chance que la justice accorde plus de force à un réglement municipal, qu’à une loi. En outre, les manifestants sont aussi des contribuables et ils n’interdisent pas l’accès au square. »
Bref, il semble bien que tant que les protestataires resteront pacifiques et qu’ils autoriseront l’accès du camp au public, il sera très compliqué de les déloger légalement .


J.Gavelle



22/11/2011
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