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Parler deux langues, un atout majeur

 Jeu 28 Oct 2010 |20:00, Les Nouvelles Calédoniennes


 
Lundi, à Lifou, le plurilinguisme était à l’honneur, avec le bilan d’étape d’un programme d’enseignement des langues kanak. Chercheurs et universitaires sont unanimes : maîtriser sa langue maternelle va de pair avec la réussite scolaire.

Que l’on soit bilingue anglais-japonais ou drehu-français, la richesse est égale. De nombreuses études à travers le monde tendent à démontrer que le bilinguisme est un atout majeur. Une bonne maîtrise de sa langue maternelle va souvent de pair avec la réussite scolaire. Mais sur ce point, les institutions se montrent parfois méfiantes.
On avance timidement sur le chemin de l’enseignement des langues kanak, avec des programmes qui concernent le cycle1 (maternelle). Une délibération du Congrès datant de 2005 soumet l’extension vers les cycles 2 et 3 à une étude préalable.
Des chercheurs de l’Université de Nouvelle-Calédonie ont soumis un projet à l’Agence nationale de recherche (ARN), organisme scientifique indépendant, qui a soutenu leur étude. C’est ainsi qu’est né le programme Ecolpom (école plurilingue outre-mer), regroupant 13 chercheurs, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et en Guyane.
L’objectif de cette recherche étalée sur deux ans (2009-2011) est d’évaluer l’incidence de l’enseignement d’une langue locale sur des élèves apprenant à lire et écrire, en CP puis en CE1. L’étude concerne 90 enfants de Lifou et 53 de Houaïlou. La province Sud, sollicitée, n’a pas donné suite.

Les preuves sont faites, maintenant, il faut passer à la mise en place pédagogique.

Cette étude, qui s’achèvera à la fin de l’année, donne déjà des résultats et confirme les études internationales. « Les enfants qui ont reçu les enseignements fondamentaux dans leur langue d’origine, réussissent mieux. Ils ne perdent rien au niveau du français. Au bout d’un an, dès le CE1, ils sont capables de prendre de la distance sur l’orthographe de chacune des langues », affirme Jacques Vernaudon, chercheur à l’Université de Nouvelle-Calédonie.
Ce bilan d’étape de l’école plurilingue dans les communautés du Pacifique a mobilisé du monde : les élus, la direction de l’Enseignement, les enseignants, mais aussi des parents. Ceux-ci demandent à poursuivre cet enseignement de 5 heures hebdomadaires, lorsque leur enfant en bénéficie à titre expérimental. Plus de 80 % d’entre eux estiment que l’école doit participer à l’enseignement des langues vernaculaires. La province des Îles soutient la volonté d’enseignement des langues kanak. Il reste maintenant à le généraliser, par un cadre institutionnel et un dispositif de formation continue des enseignants.
« Les preuves sont faites, maintenant, il faut passer à la mise en place pédagogique », a conclu Jacques Vernaudon.



05/11/2010
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