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Plusieurs couleurs pour un seul drapeau


 
Entre 3 000 et 4 000 personnes ont défilé samedi matin à Nouméa pour réclamer la création d’un drapeau commun. Manifestation calme, sereine et très encadrée par les forces de l’ordre.

 Pas d’insultes, pas de casse, pas d’éléments incontrôlés ni de groupes hostiles. La manifestation organisée par le Collectif pour un drapeau commun s’est finalement déroulée dans une relative bonne humeur samedi à Nouméa. On n’y a pas retrouvé les menaces malsaines brandies ces derniers jours par voie de tracts ou de tags.
Quelques personnes ont dansé près de la sono géante installée sur un camion. L’humour était même plutôt de mise sur certaines banderoles, l’une d’elle promettant « les plumes et le goudron » à « Dupuy et à Petelo » (le haut-commissaire et Pierre Frogier).

Cortège. La police a compté environ 2 800 participants. Les organisateurs presque le double. Une évidence : le cortège, qui occupait pratiquement moitié du boulevard Vauban quand il s’est arrêté devant le Congrès, rassemblait plusieurs milliers de personnes. Un honnête succès à défaut d’un triomphe. Les Blancs étaient une bonne moitié, mais toutes les communautés de toutes les origines étaient représentées également. La Brousse était bien là, dans tout son métissage. Mais les Kanak n’étaient logiquement pas aussi nombreux que la proportion qu’ils représentent dans la population.
 Sans surprise, tous les élus de Calédonie ensemble étaient là, mais ils ont joué la discrétion. Les ténors ne sont pas montés à la tribune prendre le micro. Seules Hélène Iekawé et Corinne Voisin sont intervenues au nom du parti de Philippe Gomès. Autres visages connus, ceux de Jean-Luc Régent du RPC, et du sénateur Simon Loueckhote.

Tribune. Avant d’entreprendre leur marche vers le Congrès puis le haussariat, différents intervenants ont pris la parole. Certains issus du monde politique, d’autres du monde associatif. Les organisateurs se sont attachés à faire défiler au micro toutes les communautés qui composent le pays : Calédoniens d’origines européenne, asiatique, indonésienne, wallisienne et futunienne, antillaise, mélanésienne bien sûr, des gens de Brousse et d’autres de la ville. Et aussi un responsable coutumier venu de Tiga et proche parent de Louis Kotra Uregeï.

Nous sommes ici pour lever notre drapeau commun.

Tous ont réclamé qu’un drapeau représentant le futur partagé soit recherché et trouvé. Tous ont estimé que le drapeau FLNKS était respectable, mais devait « rester à sa place de drapeau symbole d’une lutte » et non devenir celui de tous. « Nous ne sommes pas ici pour descendre le drapeau du FLNKS », a lancé Philippe Blaise, responsable du Collectif. « Nous sommes ici pour lever notre drapeau commun. »

 Etendard. Ce qui a été fait symboliquement. Un immense étendard de huit mètres sur quatre environ a été dressé. Il portait les couleurs rouge, gris et noir du projet concocté par le Collectif. Quelques autres esquisses de drapeau étaient agitées ça et là. L’une intégrant les symboles kanak dans le bleu blanc rouge de la République.
Dans l’ensemble, les prises de parole se sont plus faites sur le mode plaidoirie que réquisitoire. Bien sûr, Pierre Frogier, Charles Pidjot et Louis Kotra Uregeï ont eu leurs lot de reproches. « La proposition de Pierre Frogier de hisser le drapeau FLNKS ne respecte pas l’accord de Nouméa et elle est source de division, a lancé Corinne Voisin, maire de La Foa. Ils n’ont organisé aucun débat, comme si on pouvait imposer un drapeau à la population. Charles Pidjot et Louis Kotra Uregeï sont allés jusqu’à imposer un ultimatum aux mairies qui, démocratiquement, avaient refusé de hisser ce drapeau. Ce n’est pas ça la démocratie ! »
« Pierre Frogier est devenu plus indépendantiste que les indépendantistes », a lancé un autre intervenant, classant du même coup la démarche du Collectif et de ses soutiens comme une entreprise à large dominante anti-indépendantiste.
La seule allusion directe à la crise politique du moment est venue d’Hélène Iékawé, membre de Calédonie ensemble. « Le Conseil d’Etat a dit le droit, mais la voix des urnes, c’est vous. Ne l’oubliez jamais ! »

Philippe Frédière et Samuel Ribot

 

 

Repères

Discret soutien
Puisque la tentative de manifestation de la semaine précédente avait été accusée d’être récupérée, cette fois, Calédonie ensemble s’est fait plus discrète. Philippe Gomès n’est pas monté à la tribune.
Les banderoles aux couleurs de son parti étaient absentes. En revanche, tous les élus et militants actifs étaient bien là. Et l’on distribuait allègrement dans la foule des autocollants reprenant les slogans du mouvement.
Quant à la tribune dressée sur la place Bir-Hakeim, elle venait de la région de La Foa, fief de Philippe Gomès.
Et les bus venus de Brousse n’ont pas été affrétés avec les deniers d’un collectif très actif mais peu argenté.

« C’est un franc succès »
« C’est un franc succès, assure Philippe Blaise, un des organisateurs de la marche. La manifestation avait un côté bon enfant. Nous avons été reçus par le président du congrès et le haut-commissaire à qui nous avons remis nos revendications et offert un exemplaire de notre projet de drapeau commun. »

 





11/04/2011
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