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Réduire la fracture numérique

Les Nouvelles Calédoniennes. Publié le mercredi 14 mars 2012 à 03H00

Le nombre d’abonnés à Internet en province Nord est encore faible. La collectivité, via des associations, prend le relais pour permettre au plus grand nombre d’accéder aux technologies numériques.

L’association Fabamel est en charge de la cyberbase du château Grimigni, à Pouembout.

Le chiffre est éloquent. Alors que l’ensemble des communes de la province Nord est couvert par une technologie d’accès Internet, soit par la présence de la fibre optique, des réseaux cuivre ADSL ou des faisceaux hertziens, l’OPT recense, en janvier 2012, seulement 3 603 abonnés. Sur une population de 45 137 habitants, ce chiffre représente 7,9 % de personnes abonnées. Même s’il faudrait raisonner par nombre de foyers, à titre de comparaison, dans le Sud, ils sont 39 306 abonnés pour 183 007 habitants, soit 21,4 % de la population.
« Cette différence s’explique par des raisons socio-économiques comme la cherté de l’abonnement et de l’équipement en matériel. Mais aussi par des facteurs socioculturels, le non-usage dans la vie professionnelle est plus courant tout comme le non-intérêt de certaines populations pour le web », explique Charlotte Ullmann, directrice de l’Observatoire numérique de Nouvelle-Calédonie.

Ecoles.

Malgré ce constat, la province Nord juge important de favoriser l’accès au numérique pour l’ensemble de la population, et travaille à la démocratisation de ces pratiques. « Avec Internet, on a accès à plein d’informations, on apprend à communiquer, c’est aussi un support pédagogique », souligne Damien Listre, coordinateur de l’Office de développement de la cyberculture, une association reconnue d’intérêt provinciale.
Depuis 2000, la collectivité équipe l’ensemble des écoles primaires publiques et privées en matériel informatique. Sur quarante-quatre écoles, seulement quatre n’ont pas de poste informatique. La moitié d’entre elles disposent d’un accès à Internet. La mise en place d’espaces informatiques dans les internats se développe également, sept d’entre eux sont équipés. De plus, le parc reste récent puisque « l’âge moyen des postes est de trois ans », souligne Charlotte
Ullmann.

Cyberbases.

En parallèle à ce développement dans le secteur de l’enseignement, la collectivité a souhaité voir l’émergence d’espaces publiques où le numérique serait accessible à tous. Elle a confié ce travail à des associations chapeautées par l’Office de développement de la cyberculture (ODC). « Un salarié gère directement la cyberbase de Houaïlou qui a ouvert en octobre dernier. Sinon, les autres cyberbases sont gérées par des associations et par les médiathèques avec lesquelles nous travaillons », explique Damien Listre. On retrouve ces cyberbases à Pouembout, Koné,
Hienghène, Canala et Poindimié. « A Koumac, l’Afocal possède un parc informatique et travaille avec les populations directement dans les tribus », poursuit-il. L’association Fabamel, à Pouembout, propose aussi des activités multimédias dans les tribus. « On s’est aperçu qu’il valait mieux aller vers les populations pour les toucher, plutôt que de créer des cyberbases dans toutes les communes comme on pensait au départ », note le coordinateur de l’ODC. D’ailleurs, « nous avons fait, l’an passé, l’acquisition de trente ordinateurs, ce qui nous permet d’organiser des activités multimédias ou de les prêter », poursuit Damien Listre.
Enfin, l’accès au numérique est favorisé par l’organisation d’événements comme le Carrefour des associations ou la Fête de l’Internet, qui se déroulera cette année du 4 au 8 juin. La fracture avec la province Sud devrait donc se réduire peu à peu.

 

Repères

Huit communes sur la toile
Fait révélateur du développement du numérique en province Nord, aujourd’hui Hienghène, Koné, Koumac, Pouembout, Touho, Ponérihouen, Canala et Poya sont munis d’un site Internet. Koné et Koumac proposent des sites dynamiques tandis que les sites des autres communes ont plutôt une fonction vitrine.

L’œil sur le numérique
L’observatoire Numérique Nouvelle-Calédonie est une association créée le 13 janvier 2011. « Ça fait un an que nous travaillons pour la mise en place de partenariats avec différents acteurs afin de mesurer les grandes tendances du développement du numérique en Nouvelle-Calédonie », explique Charlotte Ullmann, la directrice. Cet observatoire a aussi pour objectif l’animation afin de favoriser les rencontres, les échanges d’expériences entre différents domaines publics, privés, associatifs et également avec des acteurs du Pacifique et de France.

Tout savoir sur la cyberculture
Vendredi 23 mars, l’Office de développement de la cyberculture organise à la médiathèque de l’Ouest une conférence autour du numérique en présence notamment de l’observatoire numérique Nouvelle-Calédonie et d’Aurore Whaap, chargée du numérique à la Province nord. Un point sera fait sur les pratiques, leur utilité dans notre quotidien et un état des lieux de son usage dans la zone VKP. Rendez-vous est donné à 17h15. Cette conférence gratuite sera suivie d’un cocktail. Renseignements et réservations auprès de l’ODC au 92 48 68 et au 85 18 72.


Marjorie Bernard



14/03/2012
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