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Scal-air prêt pour le mercure et l’amiante

Malgré la fréquence des pics de pollution, Scal-air dit avoir fait baisser de 80 % la pollution au dioxyde de soufre depuis 2008. L’organisme voudrait aller plus loin en analysant l’amiante ou le mercure.

Si le gecko de l’association Scal-air voit souvent rouge sur la presqu’île de Ducos, l’organisme de surveillance de l’air avance un bilan plutôt encourageant. En trois ans, la pollution au dioxyde de soufre (SO2) a baissé de 80 %.
Selon Scal-air, cette pollution en baisse provient essentiellement du site industriel de la SLN. « Nous avons conforté nos analyses et confirmé la source polluante avec la mise en place, l’année dernière, de notre station mobile à N’Du, juste en face de Doniambo », indique Sylvain Gleye, chargé d’étude et de la communication pour cet organisme.

Conséquence. Le dioxyde de soufre provoque l’irritation des muqueuses et des voies respiratoires.
Sur l’environnement, il est à l’origine des pluies acides et d’une dégradation des bâtiments. Pour Sylvain Gleye, « la baisse notée de SO2 est une bonne chose. Elle trouve son origine dans la prise de conscience de Doniambo mais surtout dans l’arrêté de la Dimenc qui a un peu forcé la main à l’entreprise. »
Depuis 2009, la Direction de l’industrie et de l’énergie oblige la SLN à utiliser un fioul en très basse teneur en soufre lorsque les vents ne sont pas favorables et que les seuils de pollution sont atteints. « Même si des dispositions sont prises dès que le vent change de direction, rappelons tout de même que le fioul employé au quotidien pour les fours est strictement interdit dans beaucoup de pays européens en raison des conséquences qu’il engendre sur la santé », dénonce Sylvain Gleye.

Nous prévoyons d’étudier dans l’avenir les teneurs en amiante et je pense que nous risquons d’avoir quelques surprises.

Existence. Ces résultats ont beau être une avancée qui démontre le bien-fondé de l’association, Martine Cornaille, présidente d’Ensemble pour la planète, estime que la démarche ne va pas assez loin. « Scal-Air est utile, mais insuffisant. Il faut qu’ils se penchent sur des rejets comme l’amiante et le mercure qui sont bien plus néfastes pour la santé publique que le SO2. Nous avons demandé au gouvernement de mener des études épidémiologiques en ce sens. Nous n’avons toujours pas de réponse. »
Sylvain Gleye rappelle qu’il s’agit bien d’« une des volontés de Scal-Air ». « Nous prévoyons d’étudier dans l’avenir les teneurs en amiante et je pense que nous risquons d’avoir quelques surprises. » L’inhalation de fibres d’amiante est à l’origine de fibroses pulmonaires, de cancers broncho-pulmonaires et de cancers des voies digestives. Le mercure est aussi dangereux et sa toxicité est évidente. Sur l’homme, il provoque des perturbations du système nerveux et des fonctions cérébrales, des réactions cutanées, et il a une influence négative sur la reproduction.

Communication. La mesure des poussières d’amiante et de mercure dégagées par Doniambo n’est pas encore pour demain. L’association de surveillance de la qualité de l’air est prête mais il lui manque l’autorisation du gouvernement.
Actuellement, Scal-Air est en train d’installer des stations de mesure autour de l’usine du Sud, à Goro. A la demande de Vale-NC, cinq stations, dont une mobile, seront en fonction très prochainement. Les données récupérées pourront être consultées par le grand public sur le site internet de Scal-Air, au même titre que les données des stations de Nouméa et les différents bulletins de qualité de l’air que l’on peut observer sur www.scalair.nc.

Chritophe Schoenholtzer

 

 

308

C’est la concentration maximale de dioxyde de soufre en microgramme/m3 relevée par Scal-Air depuis le début du mois de mai dans le secteur de logicoop. Le seuil de recommandation à destination des personnes sensibles est fixé à 300 microgrammes/m3.

 


16/05/2011
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