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Tourisme: «La priorité est de retrouver une notoriété»


Avec 98 562 visiteurs en 2010, le tourisme calédonien fait grise mine. Fatalité ? Entretien avec Sonia Lagarde, à la tête du GIE chargé de la promotion du Caillou à l’extérieur.

 

  • Les Nouvelles calédoniennes : La fréquentation touristique stagne depuis quinze ans. Qu’en pensezvous ?

Sonia Lagarde : Le positionnement de la Nouvelle-Calédonie en matière de communication n’a jamais été mis en place. Comme toutes les destinations, il nous faut une charte graphique, un logo, un slogan commun. C’est la base. Ce chantier a été entamé en 2010 et sera validé en mars par les trois provinces. 2010 a été une année très lourde de restructuration du GIE, car son budget est passé d’un milliard à 600 millions. J’ai dû procéder à des licenciements dans nos représentations. Du coup, la promotion a commencé tardivement, avec notamment des voyages de presse qui ont donné lieu à de nombreux articles. Je pense qu’elle a porté ses fruits, puisque nous retrouvons finalement à peu près le même nombre de touristes qu’en 2009, après un très mauvais départ.

  • Comment changer notre image ?

Pour les agents de voyage et les internautes, nous sommes en train de réaliser une web TV avec trente petits films sur la Calédonie qui font rêver. Nous avons eu des réunions avec les professionnels et les trois provinces pour fédérer tout le monde. Je pense qu’en 2011, nous allons enfin commencer à parler d’une même voix sur les salons. J’espère que nous atteindrons au moins les 105 000 touristes cette année. Encore faut-il ne pas se tirer de balle dans le pied, comme avec le Betico à l’île des Pins…

«Ces projets devront être portés par des professionnels passionnés, pas par des défiscalisateurs.»

  • Le plan de développement touristique de 2005 semble avoir été mis aux oubliettes. Ne manque-t-il pas une structure de pilotage ?

Nous n’avons pas besoin de structure interprovinciale, qui a été un bide total, mais plutôt de la bonne volonté de tous. J’ai proposé de mettre en place un conseil du tourisme, qui réunirait des bénévoles des trois provinces, des hôteliers, des prestataires…

  • Pensez-vous que des projets comme Gouaro Deva peuvent donner un nouveau souffle à la destination ?

Gouaro Deva est un beau produit dans un site exceptionnel, avec beaucoup d’activités autour de l’hôtel : du cheval, du golf, des sorties nature… Le tout hors de Nouméa et à une heure de l’aéroport. Le projet va créer 150 emplois et drainer beaucoup de monde. Après, je pense que nous devrons faire des éco-lodges de 30 chambres chacun, dans des lieux exceptionnels, avec un service de qualité. Mais ces projets devront être portés par des professionnels passionnés, pas par des défiscalisateurs.

  • Qu’en est-il des autres freins au tourisme, comme le prix des billets d’avion ?

C’est un problème. A terme, on ne pourra pas faire l’impasse d’une compagnie low-cost depuis l’Australie. Aujourd’hui, l’Australien cherche du pas cher et va à Fidji ou au Vanuatu. Mais par rapport à ces destinations, la Calédonie a un atout : elle est préservée du tourisme de masse. Les gens pensent que low-cost rime avec tourisme « sac à dos ». C’est faux. Les gens préfèrent payer leur billet pas cher et dépenser plus dans un hôtel haut de gamme. Mais notre problème majeur aujourd’hui vis-à-vis des Australiens, c’est qu’ils ne nous connaissent pas. La priorité est de donner une notoriété à la destination.

Propos recueillis par Sylvain Amiotte



14/02/2011
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