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Un statut pour Mururoa ?

Le sénateur Richard Tuheiava (PS) a déposé, mercredi au Sénat, une proposition de loi relative aux conséquences environnementales des essais nucléaires en Polynésie. Objectif : réparer les manquements à la loi Morin 2010 et aller au-delà de l’indemnisation des victimes des tirs radioactifs.

 

 

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150 000 civils et militaires ont participé aux 210 essais menés de 1960 à 1996 par la France, dans le Sahara algérien puis en Polynésie française. Selon un rapport officiel de 2006, 10 des 46 essais aériens conduits en Polynésie française ont « donné lieu à des retombées radioactives significatives ».

 


Mercredi dernier à Paris, Richard Tuheiava, sénateur polynésien apparenté au groupe socialiste, a déposé au Sénat une proposition de loi. « C'est historique et la première en ce sens », déclare l'ancien avocat.
La proposition est relative au suivi des conséquences environnementales des essais nucléaires français en Polynésie française. Il porte sur deux points essentiels. Premièrement, le sénateur souhaite la rétrocession des atolls de Mururoa et de Fangataufa dans le domaine public de la Polynésie française.

Résilience. « C'est fondamental. Cela devait être fait dans le cadre de la loi Morin et c'est une omission. La loi Morin ne s'occupe que des personnes et ne traite absolument pas des conséquences environnementales. Outre cela, d'un point de vue sociologique, en Polynésie française on ne distingue pas l'être humain de son écosystème, de son milieu naturel. Il est important que ces terres nous reviennent. C'est un symbole, notamment au plan de l’appropriation culturelle et traditionnelle des sites, propice à une résilience au plan social », a expliqué Richard Tuheiava.
La proposition comporte également un volet sécurité et prévention. Cela permettrait notamment de mettre en place un dispositif de prévention des risques pour les populations environnantes comme les atolls de Tureia, Vanavana, Hao, Rikitea plus généralement des Tuamotu Gambier.

Dépasser les discours officiels « de mensonges ou de déni » pour travailler à la protection des populations.

Richard Tuheiava souhaite prévoir un dispositif de surveillance en concertation avec les autorités de la Polynésie française. Une surveillance radiologique et géomécanique. « Actuellement, le système de surveillance radiologique et géomécanique se fait exclusivement avec Paris. Le Pays n’a pas le droit de regard. Et nous, nous souhaitons mettre l’accent sur un risque de dommages graves et irréversibles à l'environnement », a déploré le sénateur.

Trompées. Et de poursuivre : « Je pense réellement que le capital confiance est à revoir. Si l'on devait parler du climat de confiance entre Paris et la Polynésie sur la question nucléaire, je crois que Papeete, la Polynésie…ont été trompées. Du moins sur un niveau de dangerosité. Aujourd'hui, on a des discours, notamment dans la loi Morin, qui ne tiennent pas compte de la réalité du terrain. »
Le sénateur souhaite que les responsables de la société civile aussi bien que les élus arrivent tous à dépasser les discours officiels « de mensonges ou de déni » pour travailler à la protection des populations.
« Il faut que l'on arrive tous ensemble à créer un cadre législatif qui ne posera plus de problème d'interprétation. Il faut vraiment que l'on prenne en compte toutes les problématiques environnementales. C'est urgent. Il faudra donc créer une commission de suivi des essais nucléaires qui sera composée certes des ministres chargés de la Défense, de la Santé et de l'Environnement mais aussi du président du gouvernement de la Polynésie, d'un sénateur polynésien, d'un député et des maires des communes concernées. Cela permettra que l'on prenne en compte toutes les dimensions du problème », conclut le sénateur.
La priorité pour Richard Tuheiava, aujourd'hui, est de créer un débat autour de cette problématique environnementale. Il consultera dans les semaines à venir toutes les autorités administratives ainsi que les élus polynésiens pour notamment réajuster ou amender la proposition de loi qui vient d'être déposée. L'élu espère que ce texte sera étudié en séance à la mi-2011.

Avec Les Nouvelles de Tahiti



18/11/2010
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