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Une nuit d'horreur sur la place des Cocotiers

Article paru dans les Nouvelles Calédoniennes du 2/12/2008

 

Une nuit d'horreur sur la place des Cocotiers

Le phénomène de groupe, associé au cocktail alcool et cannabis pourrait être à l’origine du déchaînement de violence qui a coûté la vie à un jeune homme de 31 ans, dans la nuit de vendredi à samedi, en plein centre-ville. Les investigations se poursuivent sur commission rogatoire. Sept personnes ont été mises en examen dans cette affaire et la police recherche d’autres suspects.

Les investigations se poursuivent après le meurtre de Sylvain Mauligalo, un homme de 31 ans retrouvé dans une mare de sang, dans la nuit de vendredi à samedi, au bas de la place des Cocotiers. Une autopsie doit avoir lieu très prochainement. Elle déterminera les causes exactes de sa mort (lire notre édition d’hier).
Sept jeunes de 16 à 24 ans ont été interpellés quelques minutes après les faits. Déférés dimanche devant le parquet, cinq ont été mis en examen pour « homicide volontaire en réunion et usage de stupéfiants », dont deux mineurs de 16 et 17 ans, laissés libres sous contrôle judiciaire, pour leur implication moindre. La circonstance de la réunion n’est pas, dans ce contexte, une circonstance aggravante. Trois ont rejoint les cellules du Camp-Est dans la soirée. Deux autres ont été inculpés pour « non-empêchement de crime » et placés sous contrôle judiciaire. Une information judiciaire a été ouverte pour meurtre et l’enquête se poursuit désormais sur commission rogatoire.
Sylvain Mauligalo sortait d’une soirée arrosée. Le destin l’a mis sur le chemin d’une bande meurtrière, guidée par un meneur qui voulait en découdre. Il s’agit de dix à quinze jeunes originaires de Pouébo et de Nouméa. Ils ont passé la soirée à boire, fumer du cannabis et rôder dans les rues. Il était 3 heures du matin. « C’est une escalade dans la violence. Ce jeune homme qui avait, lui aussi, fait une soirée arrosée était avachi sur un banc. Il n’était pas agressif. On commence à le bousculer, on prend ce qu’il a sur lui. On lui donne des coups de poing et de pied, essentiellement à la tête. Et puis, c’est le déchaînement », relate Claire Lanet, la procureure de la République, qui évoque « un dossier terrible ».

« 
L’auteur principal est allé jusqu’à lui sauter sur la tête à pieds joints »

« Il est mort sous les coups. Son visage était méconnaissable et il y avait des touffes de cheveux et des vêtements découpés éparpillés autour de lui », poursuit la magistrate. « Deux n’ont rien fait, mais n’ont pas empêché la commission du crime, d’autres ont réalisé ce qu’ils faisaient. Un a essayé de placer la victime en position latérale de sécurité, pendant qu’un autre continuait à le taper. L’auteur principal est allé jusqu’à lui sauter sur la tête à pieds joints », rapporte Claire Lanet Ces actes de barbarie ont pris fin quand leur martyr ne bougeait plus. Mais il « respirait encore ». Les meurtriers présumés l’ont laissé pour mort dans une mare de sang. Ils ont été appréhendés quelques instants plus tard, rue de Sébastopol, mais aussi dans la Vallée-du-Tir et à la gare routière de Montravel grâce à la rapidité des services de police. Ils portaient encore de nombreuses traces de sang et étaient en possession des cigarettes et d’une carte de téléphone volées à la victime.
Les auteurs présumés d’un tel acharnement n’ont que 16, 17, 18, 19 et 24 ans. Les plus impliqués encourent trente ans de réclusion criminelle. Au cours de leur garde à vue, ils ont reconnu intégralement les faits. « Ils se sont expliqués clairement. Tous ont affirmé ne pas avoir eu l’intention de tuer. Mais vu la portée des coups, à la tête, cette circonstance n’a pas été retenue. Tous avaient bu et fumé. Du cannabis a été retrouvé sur eux. Quatre à six personnes soupçonnées d’avoir participé à l’agression sont toujours activement recherchées par la police », a ajouté la procureure, qui déplore que « le hasard a voulu que ce soit cette personne, couchée sur un banc ».
Sylvain Mauligalo, 31 ans, était papa d’un enfant de 4 ans. Séparé de sa compagne, il était plaquiste de profession. Deuxième d’une fratrie de six, il avait perdu son frère aîné en 1995, lui aussi assassiné, à Douai, dans le Nord de la France.


03/12/2008
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