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Vania, c'est fini

 

 

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C’est, en km/h, la vitesse maximale des vents générés par Vania, enregistrée vendredi à 4 heures du matin, à Nouméa. Soit une heure avant le déclenchement de l’alerte orange dans le Sud.

 


Voilà près de huit ans que les Calédoniens n’avaient plus vécu une telle alerte cyclonique. Avec Vania, les habitants des Iles puis ceux du Sud ont redécouvert l’expérience du confinement durant vingt-quatre heures. Nombre d’entre eux ont goûté à nouveau aux inondations, aux jardins retournés, à l’éclairage à la bougie, aux congélateurs perdus, aux (quelques) bateaux coulés, aux (nombreux) arbres arrachés, aux routes coupées. Dehors, l’essentiel est déjà nettoyé. « Sans faire d’énormes dégâts, cet épisode a permis de rappeler aux Calédoniens la loi de la nature », retient, philosophe, le directeur régional de Météo France.
Loin, très loin, de la force destructrice du cyclone Erica en mars 2003, cette dépression tropicale forte se place comme un « petit » phénomène à l’échelle de l’histoire du pays, même si elle a été suffisamment puissante pour justifier l’arrêt de toutes les activités, avec des rafales pointant à 130 km/h à Lifou et 140 km/h à Nouméa, ainsi qu’une moyenne de 250 mm de précipitations en vingt-quatre heures.

Séisme. Si Vania n’a pas fait de victime directe durant la phase d’alertes, le décès d’un petit garçon de 10 ans, emporté par une crise cardiaque lors du séisme qui a touché Lifou dans la nuit de jeudi à vendredi, est à déplorer. Ainsi que la mort de trois personnes jeudi après-midi, au col de la Pirogue et à la Ouenghi, dans des accidents de la route liés aux intempéries. De nombreux habitants du Grand Nouméa ont connu de grosses frayeurs au plus fort de la tempête, victimes d’inondations ou chahutés dans leurs véhicules par les crues brutales des rivières. Comme ce jeune baigneur imprudent qui a passé la nuit de vendredi à samedi perché dans un bois-de-fer au parc de la Coulée.
Des risques liés aux glissements de terrain, notamment au Mont-Dore et dans les hauts de Robinson, ont entraîné l’évacuation de certaines familles. Au total, les lieux d’hébergement ont accueilli plus de 1 400 personnes sur le Grand Nouméa. Mais Vania n’a finalement détruit que des constructions légères, sans même causer de gros dommages dans les squats.

Finalement, Vania n’a détruit que des constructions légères.

Le réseau routier principal n’a pas véritablement souffert. D’abord bloquées, l’une par des inondations l’autre par des éboulements, les routes de Dumbéa, de la Coulée et du col de la Pirogue ont été complètement rétablies samedi dans la journée. Dès hier midi, les voies secondaires, très perturbées samedi, étaient également redevenues praticables, notamment à Yaté où les tribus ont été isolées durant deux jours.

Coupures.
L’un des gros points noirs de Vania a été son impact sur le réseau électrique. Dès jeudi soir, la moitié de Lifou était dans le noir. Au plus fort de l’alerte rouge, vendredi soir, 16 000 foyers - un sur cinq environ - étaient privés de courant un peu partout dans le Sud et à Lifou, à cause de câbles arrachés et de poteaux à terre. Phénomène rarissime : à 8 heures samedi matin, un défaut sur la ligne 150 000 volts entre Yaté et Ducos a provoqué, par effet dominos, une coupure générale sur toute la Grande Terre, avant un rétablissement complet à 11h30. Hier soir, il ne restait plus que 240 foyers sans électricité, notamment à Canala, Païta (tribu de Naniouni), Ouvéa et Maré, certains depuis jeudi soir.
La distribution d’eau a connu moins de perturbations : 150 foyers de la Tamoa, à Païta, ont eu un service interrompu entre vendredi matin et hier midi. 300 abonnés du Mont-Dore sud doivent normalement récupérer l’eau ce matin.
Du côté de l’OPT, les infrastructures n’ont pas souffert. Les défauts d’électricité ont entraîné l’isolement de 40 % des relais Mobilis et des communes du Mont-Dore, Yaté, île des Pins et Thio. Tout est rétabli depuis hier matin.
Interrompue durant vingt-quatre heures, la vie économique a repris dès samedi matin dans le Sud, à l’instar de la réouverture à 7 heures de l’aéroport de Tontouta, au lendemain d’une vive polémique liée au maintien d’un vol d’Air Austral en pleine alerte. Après trois jours d’arrêt, Aircal a en revanche dû attendre hier matin, 6 heures, pour relancer ses vols. Les dégâts agricoles, encore à évaluer, seraient assez importants.

Sylvain Amiott



17/01/2011
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