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Emmanuel Tjibaou : « Partager les expériences »


La rencontre annuelle entre les collecteurs du patrimoine oral kanak et ceux de leurs partenaires qui les avaient rejoints à Païta s’est conclue, hier, à la tribu de Saint-Laurent. Emmanuel Tjibaou revient sur le rôle de ces trois jours et l’état de ce patrimoine.

  • Les Nouvelles calédoniennes : Dans quel but s’est déroulée cette rencontre entre les collecteurs du patrimoine oral kanak ?

 Emmanuel Tjibaou : Celui de partager les expériences de la campagne d’enquête 2010, de présenter un bilan des avancées du travail en termes quantitatifs et qualitatifs ou encore de faire le point, avec l’ensemble du réseau, sur les problèmes qui ont été rencontrés sur le terrain, la manière dont ils ont été résolus, le partenariat avec les conseils coutumiers… Voir également les différents champs d’action des collecteurs au sein des institutions.

  • De quelle façon sont-ils sollicités ?

Une fois qu’ils ont fait les enquêtes, ils interviennent pour promouvoir le patrimoine par des actions de médiation, lors de journées culturelles ou associatives, au sein des mairies, au sein des institutions muséales… C’est assez varié. Mais l’objectif de cette rencontre, c’est aussi de se rassurer quant à la pérennité du projet. Voir si on est toujours d’accord sur les finalités, qui sont pour nous celles de la transmission, et surtout veiller à ce que la restitution des données collectées respecte le cadre déontologique dans lequel on a inscrit les programmes de recherche.

  • Quel regard portez-vous sur l’état de santé de cette culture transmise par la parole ?

Les outils que nous avons produits, la méthodologie, la mise en place du réseau, le partenariat avec les conseils coutumiers… Tout ça est, pour partie, rattaché au constat qu’on fait tous les jours sur la perte des repères identitaires.

  • Surtout dans certaines régions, par exemple le Sud de la Grande Terre ?


Sur le Sud et partout, à des degrés différents. Mais passé le simple fait de constater, il faut aussi mener des actions pour essayer de promouvoir les formes d’expression traditionnelles, de manière à ce qu’elles puissent être repensées dans le monde d’aujourd’hui. Là, les situations sont différentes. On le voit aussi dans les thématiques qui sont abordées, les orientations sur lesquelles les conseils coutumiers souhaitent voir mener des enquêtes.

  • Par exemple ?

Sur le Sud, on travaille plus sur la langue, parce que c’est la langue qui est en perte de vitesse. Sur le Nord, ça va être plus sur les discours généalogiques, parce qu’on essaye de promouvoir la parole dans sa place coutumière, dans laquelle on inscrit les clans. Sur la région Xârâcùù, ça va être en partie les discours généalogiques, mais aussi les formes d’expression artistiques vivantes. C’est assez varié. Et ça répond directement à l’impact de l’urbanisation, ou du salariat, ou de la scolarité, dans ces différentes zones.

 



06/12/2010
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