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Etudiants: Sydney, la ville trop chère

Chaque année, des dizaines de milliers d’étudiants étrangers s’envolent pour Sydney. La ville les fait rêver mais une fois sur place, c’est le parcours du combattant pour se loger : prix exorbitants, arnaques et appartements surpeuplés sont au rendez-vous.

L’Australie accueille en moyenne 350 000 étudiants étrangers dans ses universités et instituts d’études supérieures. Capitale du
Pacifique, renommée pour ses plages, sa vie noctambule et son port spectaculaire, Sydney est la destination favorite de cette jeunesse estudiantine.
Mais, bien souvent, les jeunes arrivants déchantent très vite en cherchant à se loger. Trouver un appartement à des prix raisonnables est un casse-tête et certains propriétaires profitent sans scrupule de la situation.
« J’ai visité un deux-pièces dans Haymarket Street, qui avait l’air pas mal sur les photos, raconte Alice Lala, une jeune Française inscrite à l’université de Sydney. Le problème est qu’il y avait déjà 18 personnes dedans, étudiants ou salariés munis d’un permis de travail temporaire. Ils dormaient quasiment dans des boîtes empilées les unes sur les autres. C’était 120 dollars australiens (10 800 francs) la semaine. J’ai cru que c’était une blague. »

Entasser. Mais beaucoup se résignent à s’entasser. Et à chaque début de semestre universitaire (février et juillet), les prix grimpent en flèche dans les quartiers proches des facs.
« Le principal problème pour les étudiants à Sydney, c’est le manque de logements bon marché, constate David Burrows, du service du logement à l’université de Sydney, qui n’a que 2 500 lits à proposer à ses 10 800 étudiants. La plupart disposent d’un budget allant de 16 000 à 17 900 francs par semaine, alors que le loyer moyen pour une chambre pas trop loin est de 19 700 francs par semaine. »

J’ai visité un deux-pièces qui avait l’air pas mal sur les photos. Le problème est qu’il y avait déjà 18 personnes dedans.

Matt vient de louer un appartement minuscule pour 62 600 francs la semaine. Il propose en sous-location — illégale — un lit dans le salon (10 300 francs), un autre sur un balcon fermé (13 400 francs) et quatre places de deux lits superposés (12 100 francs chacun)…
Pour joindre les deux bouts, beaucoup de jeunes cumulent les petits boulots, de caissier dans les magasins ouverts toute la nuit à cobaye pour la recherche médicale.

Internet. Les étudiants à la recherche d’un toit pianotent sur Internet. Le site « gumtree.com.au » est le plus réputé, mais si la plupart des annonces sont honnêtes, les arnaques existent bel et bien. « La plus courante est la fausse annonce où l’étudiant doit envoyer de l’argent pour être sûr de ne pas se faire souffler l’affaire. Et au bout du compte, il n’y a rien », indique David Burrows.
Des propriétaires n’hésitent pas à proposer une chambre contre quelques faveurs sexuelles. Hannah Tooley, étudiante en art, avait mis une annonce sur Internet, indiquant que quatre Anglaises cherchaient une maison à partager. Dans l’heure, elle recevait une proposition, assortie d’une demande de massages érotiques.
Au centre juridique de Redfern, les plaintes concernant les demandes de ce type sont cependant en minorité. Le gros des doléances concerne le non-remboursement de la caution.
Pour éviter ces pièges, les étudiants finissent parfois par se tourner vers les agences immobilières, où les conditions sont plus transparentes, mais la durée des baux, de six à douze mois minimum, souvent rédhibitoire pour les étudiants dont le séjour sera plus court.
Plusieurs choisissent alors les hôtels de routards. Un lit dans un dortoir est parfois aussi cher que dans un appartement en colocation, mais il n’y a pas de frais annexes et pas de caution à verser. Ces hôtels ne peuvent cependant pas louer un lit pour plus de vingt-huit jours et les étudiants bougent donc d’un hôtel à un autre.
La municipalité de Sydney dit être démunie pour remédier aux arnaques et pratiques limites. « La mairie a vraiment peu de pouvoirs pour enquêter sur ce problème et les preuves ne sont pas faciles à réunir car pour entrer dans un domicile, il faut toujours l’accord du propriétaire ou de l’occupant », déclare un porte-parole.



25/05/2011
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