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L’urbanisme puissance quatre

Mer 08 Sep 2010 |20:00, Les Nouvelles Calédoniennes.

La ville de Nouméa devra désormais raisonner à l’échelle des quatre communes de l’agglomération car de nombreuses problématiques, dont les déplacements, dépassent largement le cadre d’une seule ville. Pour cela, les élus ont validé, hier soir, les orientations du schéma de cohérence de l’agglomération nouméenne (Scan) pour 2020.

Le Scan, késaco ? Le schéma de cohérence de l’agglomération nouméenne, ou Scan, est un document d’urbanisme qui fixe, à l’échelle de plusieurs communes, l’organisation du territoire et l’évolution des zones urbaines, afin de préserver un équilibre entre zones urbaines, industrielles, touristiques, agricoles et naturelles. Il fixe les objectifs des diverses politiques publiques en matière d’habitat, de développement économique et de déplacement.
« C’est un outil stratégique de planification pour orienter l’aménagement d’une aire urbaine, en l’occurrence le Grand Nouméa, et dépasser le cadre strictement communal, explique François Breugnon, le directeur par intérim de l’aménagement urbain à la ville de Nouméa. Si par exemple Nouméa décide de faire une route sur son territoire et que les autres communes n’ont pas prévu la continuité sur le même type de déplacement, ça ne sert à rien ! »
Nouméa, Dumbéa, le Mont-Dore et Païta ont donc demandé au SIGN (syndicat intercommunal du Grand Nouméa) de porter plusieurs études, ce qui constitue une première en Nouvelle-Calédonie puisque la réglementation ne l’impose pas. La première étude, concernant l’harmonisation des transports publics, a déjà abouti, depuis le 1er septembre, à la création du syndicat mixte des transports urbains du Grand Nouméa (SMTU). Cela permettra de présenter un projet de transport en commun en site propre sur des voies réservées au ministère de l’Environnement pour obtenir une aide de 20 %.

Orienter l’aménagement du Grand Nouméa pour dépasser le cadre strictement communal.

La deuxième étude, celle du Scan, marque la volonté des communes de partager et de conduire une même politique de développement sur leurs territoires et définit les orientations d’aménagement et de protection-valorisation de l’agglomération. Le Scan « redéfinit l’équilibre spatial pour que, par exemple, certaines communes ne soient pas que des cités-dortoirs, explique François Breugnon. Il s’attache également à réduire la consommation d’espaces à urbaniser pour préserver les espaces naturels et agricoles ». La ville souhaite ainsi marquer une pause dans la construction de logements sociaux car elle concentre actuellement 80 % de ceux de la province Sud. La municipalité veut en outre redensifier le centre-ville grâce au nouveau plan d’urbanisme directeur qui permettrait la construction de 67 000 logements.
Le Scan ne prescrit pas, il donne juste de grandes orientations. Ce sont les PUD de chaque commune qui définissent les règles et doivent s’inscrire dans la même logique.
Il n’y pas qu’entre le Nord, le Sud et les Iles que les disparités existent et que le rééquilibrage doit avoir lieu. Dans le Grand Nouméa, longtemps le développement a précédé l’aménagement. Demain, le Scan devrait permettre de trouver un équilibre entre croissance économique soutenue et équité sociale.

Ludovic Lafon

 

Le conseil en bref

Le front de mer
La Ville souhaite se doter d’un schéma directeur urbain pour l’ensemble du front de mer allant de la pointe Denouel jusqu’au début du Port Moselle, sur un périmètre d’une centaine d’hectares. Elle va lancer un appel d’offres international pour l’aménagement de cette zone. De grands cabinets d’architectes pourraient se lancer sur ce projet.

Giratoire Berthelot
Une nouvelle alternative à l’autopont est envisagée par la ville. Elle consiste à créer une voie reliant la Vallée-du-Tir à Doniambo en passant au-dessus de la voie de dégagement ouest (VDO), au niveau de la maison municipale de quartier, vers la Montagne-Coupée. D’autre part, une passerelle piétonne, qui enjambera la VDO au niveau de la rue Berthelot, sera installée. Une convention sera conclue avec la province Sud pour la réalisation de nouvelles études. Elles comprendront une étude de circulation, des études topographiques, des études géotechniques, des études de maîtrise d’œuvre et une étude d’impact environnemental. La propriété de la nouvelle liaison routière devrait à terme revenir à la ville, celle-ci sera maître d’ouvrage du projet. Berthelot étant de compétence provinciale, la province Sud participera à hauteur de 50 % du coût de ces études. Un appel d’offres pourrait être lancé début 2012 pour l’exécution des travaux.


08/09/2010
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