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Les Amap prennent racine

Les Nouvelles Calédoniennes, Publié le lundi 05 mars 2012 à 03H00

 

La première Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) du pays, créée par Frédéric Garcia, maraîcher au Petit Moindou, a vu le jour samedi. Une cinquantaine de personnes ont participé au lancement de ce nouveau concept.

31 consommateurs séduits par le concept ont signé leur contrat d’engagement Amap 2012, chez « Fred potager Bio ».

 

Depuis samedi, le pays tient sa première Amap. Un concept, dans lequel un « consommateur-partenaire » s’engage à acheter hebdomadairement une partie des produits bio d’un agriculteur. Lors de l’édition du festival Plein champ à Bourail, l’an passé, les organisateurs avaient invité Denise et Daniel Vuillon, fondateurs des Amap en France.
Séduits, Catherine Daverat et Laurent Kojfer, responsable du Point I de Bourail et conseiller agricole à la DDR, ont souhaité lancer ce mouvement. Malgré des rencontres fructueuses entre les producteurs et les « mangeurs », aucun agriculteur n’avait franchi le pas. Depuis samedi, c’est chose faite.

Compost. Frédéric Garcia, maraîcher au Petit Moindou, qui fait partie de l’association Bio Calédonia, a décidé de se lancer dans l’aventure. Samedi, il a convié les personnes susceptibles de s’engager à ses côtés à visiter son exploitation. « La visite du potager, qui donne lieu à un pique-nique familial au mois de mars, est quasi obligatoire avant l’adhésion annuelle. Elle permet de voir où et comment sont produits les légumes et les fruits qui vont composer leurs paniers », explique Frédéric Garcia. La cinquantaine de personnes venues de Nouméa, de Bourail et de Moindou ont pu avoir un aperçu du savoir-faire de l’agriculteur, qui pratique la rotation des cultures, l’irrigation au goutte-à-goutte, le broyage de bois vert, mais n’utilise aucune substance chimique. « Je produis mon compost, une partie des semences, des purins végétaux et mon terreau de semis », précise-t-il.
Les visiteurs ont également fait connaissance avec Caroline, sa vache, qui fait partie du système. « C’est elle qui nettoie, autour des parcelles et qui me fournit le fumier pour mon compost. » Pour ce passionné, l’Amap est « une alternative économique sociale et solidaire. Le producteur reçoit en début de saison le paiement des paniers qu’il distribue après chaque récolte. Par ce système, les consommateurs garantissent au paysan l’écoulement de sa production ». La distribution des paniers pour les consommateurs de Moindou-Bourail aura lieu le mardi après-midi au siège de l’exploitation jusqu’à 15h30 puis à Bourail, sous la halle du marché communal, de 16h30 à 18heures. Pour ceux de la capitale, la livraison est fixée au vendredi en fin d’après-midi sur la terrasse du magasin 22° Latitude Bio de 16 heures à 18 heures.  Les consommateurs y trouvent également leur compte. Pour Catherine Daverat, « C’est un moyen d’accéder aux fruits et légumes bio toute l’année. On sait qui les a produits et comment. » Le consommateur doit aussi assumer certaines contraintes. « On n’a pas le choix des produits du panier. Il faut régler la totalité du montant pour la saison . Ce système nous oblige à partager les risques liés aux intempéries ou, au contraire, à partager l’abondance et les surproductions. »

Contrat. Stéphanie Bastita, adepte du concept, y voit d’autres avantages : « C’est une opportunité de redécouvrir des légumes, d’échanger des recettes et de consommer des produits de saison au rythme de la nature. J’ai fait un calcul, je suis gagnante en étant adhérente à l’Amap. » A l’issue de cette visite, les consommateurs convaincus ont signé leur contrat. Trente et une personnes se sont engagées. Frédéric Garcia n’en revient pas : « Je tablais sur 25 contrats. J’ai dû ouvrir une liste d’attente pour une vingtaine d’autres personnes. » Les premiers paniers de la saison 2012 seront distribués le mardi 27 mars pour ceux de Bourail et le vendredi 30 mars pour les Nouméens. « Afin d’essaimer le concept au plus grand nombre, j’espère que d’autres agriculteurs emboîteront le pas dans les mois à venir. »

Contacts : Fred potager bio : 46 09 75 ou 77 20 84 ; E-mail : chezfred.bio@lagoon.nc
Consommateurs  : Marilou Viguier : viguierlou@lagoon.nc ; Brigitte Bille-Lanquetin : lanquetinbrigitte@lagoon.nc; Catherine Daverat : bourailtourisme@mls.nc

 

Questions à… Frédéric Garcia, créateur de la première Amap du pays.
« La garantie que mon travail sera récompensé »

Les Nouvelles calédoniennes : Qu’est-ce qui vous a poussé à faire du bio ?
Frédéric Garcia : Maraîcher depuis 1999, j’ai géré des exploitations qui produisaient de grandes quantités de légumes à destination des grandes surfaces. Je me suis interrogé sur les qualités de ces légumes cultivés en utilisant beaucoup de produits chimiques. En 2010, j’ai fait l’acquisition de ma propriété. J’ai démarré un potager biologique. Mes produits ont été analysés par le Sivap, qui a trouvé 0 % de produits chimiques. J’ai commencé à commercialiser des paniers bio en octobre 2010.

Qu’est-ce qui vous a motivé ?
Une Amap c’est la garantie que mon travail sera récompensé.  C’est également l’assurance de la pérennité de l’exploitation. Mes gains ne sont pas très élevés. Mais j’ai fait ce choix de vie. J’espère que ce que j’ai mis en place servira d’exemple.  

Comment va fonctionner votre Amap ?
C’est un engagement entre le consommateur et le producteur, aussi bien en période d’abondance que de pénurie. Des fois, les paniers seront plus importants que d’autres. Le nombre de parts, ou paniers complets, est fixé à 40. Pour 2012, le prix de la part est fixé à 2 500 francs par semaine soit 100 000 francs pour l’année complète, payables dès la signature du contrat en 1, 2, 5 ou 10 fois. Pour un demi-panier partagé, le tarif est de moitié.


05/03/2012
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