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Quand les entreprises créent leurs écoles

31/01 | 07:00 | Michel de Grandi |Les Echos.fr
 

Demandez à un patron quelles sont ses préoccupations, le problème du recrutement arrivera invariablement dans le peloton de tête des réponses. Non pas que l'entreprise peine à trouver de la main-d'oeuvre, mais parce que celle-ci ne colle généralement pas à ses besoins. En 2010, près d'un embauché sur cinq (17 %) n'est pas arrivé au terme de sa période d'essai, selon « RH Info ». Les raisons de ces échecs sont nombreuses, mais une part non négligeable (70 % selon le ministère du Travail) serait imputable au manque d'adéquation entre le profil du candidat et les besoins de l'entreprise.

Les campus de Veolia

Pour éviter les déconvenues, détecter des talents ou tout simplement pouvoir former à dessein leurs employés, les entreprises investissent en amont. Par exemple, la filière textile de la région Paca a créé un master en partenariat avec la Maison méditerranéenne des métiers de la mode. Quelques grandes entreprises financent une chaire de recherche, comme Crédit Agricole Nord-Est avec Reims Management School. D'autres groupes, confrontés à la spécificité de leur activité, ont fini par créer leurs propres filières de formation. Depuis vingt ans, Veolia Environnement développe son propre réseau, fort de 21 « campus », dont 6 en France, les autres étant répartis dans 12 pays. En créant des diplômes nationaux, Veolia a ainsi fait reconnaître la spécificité de ses métiers (conducteur de bus, agent de propreté urbaine...) tout en les professionnalisant. Plus de 10.000 étudiants en alternance ont fréquenté ces campus entre 2005 et 2010.

Les universités d'entreprise apportent, elles, une autre dimension. Encore peu développées en France, par comparaison avec les Etats-Unis, elles permettent d'emprunter des voies plus transversales. On y traite notamment de stratégie, de relations avec les clients ou les fournisseurs... « De bons visionnaires ne suffisent pas. Il faut que ces éléments soient dans toutes les têtes. Et cette transmission passe par l'éducation », explique Annick Renaud-Coulon, présidente de l'association Global Council of Corporate Universities.

Si toutes les entreprises ne peuvent s'adosser à une filière ou à une université, beaucoup en revanche optent pour le centre de formation. L'idée n'est pas neuve. L'industrie lourde (sidérurgie, secteur minier...) a longtemps eu recours aux écoles intégrées. Aujourd'hui, ce sont généralement des structures plus petites, et souvent des PME, qui créent leurs propres centres de formation. Beaucoup interviennent en partenariat avec Pôle emploi et des acteurs régionaux. Pour les firmes disposant d'un savoir-faire, elles peuvent ainsi le transmettre tout en régulant leurs effectifs. Pour d'autres, c'est une réponse idéale à leur expansion. Sans le dire, c'est aussi le lieu idéal pour débusquer l'oiseau rare.

Michel de Grandi, Les Echos


01/02/2012
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