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Des diplômes pour reconnaître l'expérience professionnelle

Article paru dans les Nouvelles Calédoniennes - 08/01/2010

Des diplômes pour reconnaître l’expérience professionnelle


La « validation des acquis de l’expérience » examinée ce matin au Congrès doit permettre à ceux qui ont appris sur le tas de faire reconnaître leur savoir-faire par un diplôme. C’est, selon Sylvie Robineau, le complément indispensable de la loi sur l’emploi local qui ne privilégie qu’à « compétences égales ».

« Validation des acquis de l’expérience ». L’expression un peu compliquée ne désigne pas un gadget supplémentaire dans la panoplie des filières de formation ou de reconnaissance des aptitudes professionnelles. Ce système qui a vu le jour en Métropole au début des années 2000, existe déjà en Calédonie sous une forme pas encore très structurée. Aujourd’hui, le Congrès doit examiner et voter, sans doute à l’unanimité, un dispositif organisant et encadrant de façon complète et détaillée cette nouvelle façon de faire reconnaître, très officiellement, une compétence professionnelle acquise sur le terrain.
Sylvie Robineau, rapporteur du projet, insiste sur l’importance à ses yeux capitale de la « VAE ». « Si l’on regarde ce dossier dans le contexte calédonien, on mesure qu’il a une grande portée politique. En fait, c’est le complément indispensable de la loi sur l’emploi local. Sans lui, la loi qui a été votée aurait une portée bien moindre. » Et l’on sait à quel point l’emploi local est au cœur des enjeux politiques calédoniens.

« De nombreux Calédoniens n’ont pas de diplômes. Pour des raisons qui tiennent à l’histoire, à l’isolement géographique... »

Pourquoi cette étroite complémentarité ? « La loi sur l’emploi local prévoit de privilégier l’embauche des Calédoniens, mais à « compétences égales ». Or le principal critère d’appréciation des compétences, c’est le diplôme. Et précisément, de nombreux Calédoniens n’en ont pas. Pour des raisons qui tiennent à l’histoire, à l’isolement géographique, aux difficultés de partir en Métropole. Combien de maçons, de plombiers ou de carreleurs, ou même de directeurs commerciaux se sont formés sur le tas. Leur expérience est certes reconnue dans l’entreprise où ils travaillent. Mais s’ils veulent ou doivent changer d’employeur, cette expérience acquise ne fera pas le poids face à un candidat justifiant d’un CAP ou d’un BEP ou d’un diplôme d’école de commerce. »
Conséquence, la loi sur l’emploi local ne pourra pas réellement protéger les non-diplômés calédoniens face aux diplômés métropolitains. À moins que, précisément, ils ne se lancent dans la procédure de validation des acquis de l’expérience et fassent reconnaître officiellement leur savoir-faire par un diplôme validé par l’État, et de valeur équivalente à ceux acquis au terme d’un cursus scolaire ou universitaire.
Le ministère de l’Éducation nationale, celui de la Santé, du Travail, de la Jeunesse et des Sports ainsi que de l’Agriculture, ont tous apporté leur concours au dispositif calédonien de « VAE ». Ce sont eux les autorités certificatrices.

  Comment ça va marcher 
Pour obtenir un diplôme, le candidats devra d’abord faire acte de candidature auprès de points relais. Ensuite, on l’aidera à trouver le diplôme qui correspond le mieux à sa compétence réelle. Il y aura ensuite d’éventuels compléments de formation, puis passage devant un jury. Local pour les diplômes courants, métropolitain pour les formations plus spécifiques (par visioconférence). Dans les cas les plus pointus, un déplacement en Métropole sera nécessaire.
Pour ceux qui ne veulent ou ne peuvent aboutir à une reconnaissance complète, il sera possible d’octroyer des « sous-diplômes ». Exemple, celui qui n’a pas toutes les compétences requises pour avoir le titre de maçon, pourra le cas échéant recevoir celui de ferrailleur, ou de coffreur.
Le cursus prendra bien sûr plusieurs mois, nécessitera dans certains cas des congés formations (financés par la collectivité ou l’employeur s’il y trouve son intérêt).
À noter qu’un des avantages de la VAE sera de pouvoir également faire « diplômer » des savoir-faire acquis dans des parcours non professionnels. Exemple le président ou le trésorier d’une association pourra faire reconnaître ses acquis en matière de gestion ou d’encadrement, alors même qu’il ne les exerce pas dans son métier.


19/02/2010
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