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Destin croisé


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Pour la troisième fois de sa carrière, son histoire va croiser celle de son pays. Walles Kotra va prendre la direction régionale de Nouvelle- Calédonie 1ere, à une période charnière pour la Calédonie.

Pour certains, il est consensuel. Pour d’autres, simplement au-dessus de la mêlée. Son nom ne fait bondir personne. C’est rare, surtout dans une grande maison comme Outre-Mer 1ere. « Walles Kotra a une approche de la vie et de son métier non agressive », souligne un de ses proches amis. Dans le monde parisien, sa personnalité est à part. Il est disponible et à l’écoute, malgré ses responsabilités à la tête de France Ô, la chaîne de la diversité.

Pas étonnant dès lors que la direction de France Télévisions l’ait choisi pour reprendre aujourd’hui la tête de Nouvelle-Calédonie 1ere. Dans la perspective de 2014-2018, la chaîne a plus que jamais besoin d’un service public au-dessus des parti(e)s en présence. Modeste, Wallès Kotra doute pourtant que sa première expérience en tant que directeur régional, entre 1994 et 1998, lui serve à quelque chose, car « depuis, beaucoup de choses ont changé ».

«Je voulais être utile à la Nouvelle-Calédonie et aux Kanak.»

Utile. A 55 ans, il affirme n’avoir jamais rien demandé. « On m’a toujours proposé. » Parfois, souvent même, il a considéré qu’il n’avait pas le choix. Ce fut le cas en 1981, juste après l’assassinat du secrétaire général de l’Union calédonienne Pierre Declercq. Il est alors en vacances sur son île natale, à Tiga, et vient de sortir de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille. « Hervé Bourges était le directeur de l’école. Une amitié s’est créée entre nous. Comme lui, je m’intéressais à la façon dont la presse accompagne le développement. J’avais prévu de partir en Afrique…», se rappelle-t-il. Le destin en décidera autrement. La gauche vient d’arriver au pouvoir et le parton de FR3 veut intégrer des Kanak à FR3 Nouvelle-Calédonie.
« Jusque-là, les jeunes Mélanésiens avaient un peu le sentiment qu’ils n’avaient pas leur place. » Lui, « fasciné par l’écriture et attaché à la presse écrite », ne peut refuser. « Je voulais être utile à la Nouvelle- Calédonie et aux Kanak », confiet- il.
Grâce à son métier, il redécouvre son pays. « J’étais journaliste de proximité. J’allais dans les tribus. Les gens étaient fiers de moi. Et j’étais fier de montrer ce qu’on est. Je garde un souvenir ému de cette période. »

Combats. Il exerce sur le territoire jusqu’aux accords de Matignon en 1989. « Durant les événements, je connaissais chaque mort. J’essayais de ne pas prendre parti. C’est la difficulté du journaliste : de la proximité tout en gardant de la distance. »
Par la force des choses, il se sentait plus « proche de Tjibaou ». Mais Walles Kotra ressortira de cette période « indemne par rapport aux deux chefs, en ayant gagné leur respect ». C’est sans doute ce qui lui permettra de réaliser deux documentaires sur Jean-Marie Tjibaou, dont Tjibaou, le pardon, sur la réconciliation entre les familles Tjibaou et Wéa, puis un livre de conversations avec Jacques Lafleur.
Quand il part à Paris en 1989, pour permettre à son fils aîné, sourd profond, d’être pris en main par un établissement spécialisé, il a le sentiment de repartir à zéro. « J’avais l’impression de recommencer dans le métier. A Paris, je n’avais aucun réseau. » Pour se remettre au niveau, il prend alors l’habitude d’arriver une heure avant tout le monde à la rédaction. Il aime « la comédie du pouvoir et ses jeux » et devient rapidement chef du service politique. Il garde un grand souvenir de la présentation d’un Face à l’outre-mer avec François Mitterrand.
A l’époque, RFO réalise son propre journal national. Il n’en oublie jamais pour autant l’Océanie. Plus tard, il met à profit son passage comme directeur régional de RFO Polynésie pour créer le Festival International du film documentaire océanien (Fifo), qui dure encore aujourd’hui. « C’est très important pour moi. Ca cristallise tous mes combats », dit-il.
Après 1981-1989 et 1994-1998, Walles Kotra est de retour, avec en perspective 2014. « Il y a des moments où ton histoire croise celle de ton pays. »

David Martin (Agence de presse GHM)

 

 

Bio express

  • 1981 : Il obtient son diplôme à l’Ecole supérieure de journalisme de Lille puis entre à FR3 Nouvelle- Calédonie.
  • 1989 : Il part avec son épouse, Marie Maraea Haeweng, à Paris pour son fils aîné, sourd profond. Il devient rapidement chef du service politique puis directeur de la rédaction.
  • 1994 : Il revient à Nouméa comme directeur régional de RFO.
  • 1998 : Retour à Paris comme directeur des relations internationales.
  • 2002 : Il est nommé directeur régional de RFO Polynésie.
  • 2003 : Il crée le Festival International du Film documentaire Océanien (Fifo).
  • 2005 : Il est affecté à Paris comme directeur délégué de la toute nouvelle chaîne du groupe, France Ô.
 

 



06/03/2011
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