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Une dépression à un milliard


Selon les premières estimations, le passage pluvieux et venté de la dépression Vania a occasionné plus d’un milliard de francs de dégâts et autres manques à gagner. Les routes ont particulièrement souffert.

 Après la tempête, vient le temps des additions salées. La dépression tropicale Vania a cassé, inondé, malmené l’économie, en fin de semaine dernière. Les dommages causés n’atteindront pas la facture laissée par le cyclone Erica en 2003 (5,6 milliards de francs). Mais selon les toutes premières estimations, le coût du phénomène en Nouvelle-Calédonie dépassera le milliard de francs. Tout de même. Certaines sociétés mettront des mois à s’en relever.

Caprices. Exposés aux caprices du ciel, les maraîchers et cultivateurs ont dégusté. Notamment « un jeune » basé au Mont-Dore, remarque le président de la Chambre d’agriculture, Gérard Pasco, « Il a perdu 80 % de ses bananiers. » D’après les récents échos, le secteur accuse assurément plus de 100 millions de dégâts, peut-être même 200 millions. « Même si vous n’êtes pas assuré à la Cama - la Caisse d’assurances mutuelles agricoles -, il faut envoyer une déclaration de sinistre, indique-t-on à l’Apican, l’Agence pour la prévention et l’indemnisation des calamités agricoles ou naturelles. Et ce, pour étudier éventuellement des mesures exceptionnelles. »
Martyrisé il y a huit ans lors de la précédente tempête, le producteur, transporteur et distributeur d’électricité Enercal a chiffré cette fois le montant des travaux à « moins de cinquante millions de francs ». Beaucoup de fileries sont à refaire, du matériel tel que des conducteurs est à remplacer... A l’OPT, l’autre grande victime d’Erica, les bobos de Vania sont estimés à moins de vingt millions. Mais une dépense bien plus lourde est en vue : « Nous allons augmenter les moyens de prévention, observe Cyrille Jerabek, directeur des télécommunications, comme le changement et l’extension de batteries, la mise en place de groupes de climatisation pour des appareils... »

Il y a de gros dégâts, notamment des affaissements sur la RT1.

Affaissements. Qui dit vents et pluies, dit infrastructures publiques menacées. Sans compter les heures supplémentaires des agents, entre cinquante et cent millions de francs de frais sont à prévoir à la Direction de l’équipement de la province Sud, région chahutée par la dépression. « Il y a de gros dégâts, notamment des affaissements sur la RT1 à la rivière des Pirogues ou encore la RT3 en bas du col de Mouirange. »
A l’échelle calédonienne, la Direction des infrastructures, de la topographie et des transports terrestres (DITTT) évalue la remise à niveau des routes et bâtiments à cent millions de francs. Dont une part sensible pour « des travaux conséquents au col de la Pirogue ».Cette somme, cent millions, sera visiblement dépassée dans les îles Loyauté, d’après les tout premiers comptes. Notamment, « la baie de Chateaubriand a souffert », signale la province. En mairies aussi les techniciens recensent, comme au Mont-Dore où la facture se calculera en dizaines de millions. Un gros poste : les heures supplémentaires d’agents et la note de prestataires.
Le privé n’est pas en reste. Outre des dépenses sèches en raison d’incidents techniques, l’inactivité pendant vingt-quatre heures équivaut à un gros manque à gagner. La SLN a chiffré le passage de Vania à trois cents millions de francs, notamment en raison de la perte de production de cinq cents tonnes de nickel.

Yann Mainguet

 

Le « fait du prince » est dur

Alors, payé ou non, pour ce vendredi détrempé ? La question de la rémunération en cas de fermeture d’entreprises en période d’alerte orange et rouge est régie « par les principes généraux du droit », explique le juriste du Medef. « Dans le cas où l’employeur et l’employé ne peuvent honorer leurs obligations réciproques, le contrat est suspendu, il n’y a donc pas de rémunération qui est la contrepartie du travail effectué. C’est donc ce principe de non-paiement du salarié qui s’applique. » L’impossibilité de travailler est la conséquence d’une décision administrative, en l’occurrence ici du haut-commissariat, constitutive - selon les termes de la discipline - d’« un fait du prince ». L’équivalent d’un cas de force majeure. Devant ce tableau, l’employeur dispose alors de quatre solutions : rémunérer les salariés et récupérer la journée non travaillée ; ne pas rémunérer les salariés sans pouvoir solliciter une quelconque récupération; passer la journée en congé payé ; ou rémunérer sans aucune contrepartie.

 

 

 

Les assureurs sur le pont

Une ruée a été observée lundi chez les assureurs afin de déposer les déclarations de sinistre. Un grand classique après le passage d’un phénomène météorologique. A première vue, « il n’y a pas énormément de dégâts sur les maisons, note un professionnel. Beaucoup d’infiltrations d’eau, mais il est rare que les contrats prévoient ce type de clause ».
Le cataclysme Erica en mars 2003 avait suscité entre 2 et 3 milliards de francs de remboursements d’assurances, toutes enseignes confondues, pour les particuliers. Avec Vania, le niveau sera largement inférieur.

 

 



19/01/2011
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