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L’idée d’un tramway fait son chemin

 

Les embouteillages agacent la population. Le nouveau plan de circulation a provoqué bien des remous mais semble avoir réglé, en partie, les problèmes au cœur de la ville. Mais le point noir reste l’entrée et la sortie de la capitale.

Chaque soir et chaque matin, les bouchons ennuient les automobilistes. Alors, faut-il penser à mettre en place un autre type de transport urbain plus attractif ? Un tram, par exemple ? Sonia Lagarde en avait fait l’un de ses chevaux de bataille durant la campagne des municipales de 2008.

La ville et les trois communes du Grand Nouméa ; Dumbéa, Païta et Mont-Dore, sont en train de se pencher sur la question. Il semble qu’un tram qui relierait le Grand Nouméa à la capitale serait envisageable et réglerait une partie des problèmes d’embouteillages. Sans oublier l’aspect écologique d’un tel moyen de transport. La solution est peut-être là, coûteuse certes, mais indispensable. Et il faut y réfléchir dès à présent. Le tram, ce n’est pas pour demain...


Gérard Vignes

Gérard Vignes, 8e adjoint au maire de Nouméa en charge de la voirie, de la circulation et des transports publics.

 

1 - Une nécessité totale

On doit réfléchir sur la façon de privilégier le transport en commun par rapport à la voiture, de transformer les habitudes des automobilistes pour les amener à se rendre au travail avec des moyens plus organisés tels que les transports en commun, pourquoi pas un tram ou autre chose… La ville n’acceptait pas de discuter du tram dans le cadre de la campagne municipale car c’était totalement démagogique et en dehors du sujet. Par contre, le tram au niveau agglomération, c’est une nécessité totale. On sait très bien quel est le gain énorme du tram sur la voiture en termes de voyageurs transportés en un minimum de temps. Mais tout ça implique des moyens énormes et aussi des réservations de voiries, les TSP (Transports en Site Propre), utilisés seulement par les transports en commun. Quand l’automobiliste se retrouvera coincé dans un embouteillage, qu’il verra passer un tram ou un bus sur un TSP et se rendra compte qu’il met une demi-heure ou une heure pour aller à son travail alors qu’il mettrait dix minutes avec le tram… Il en arrivera à laisser sa voiture à la maison.

2 - Le tram n’est pas une fin en soi
Mais ça ne peut pas être un tram qui ne circulerait que sur Nouméa. C’est une réflexion qui se fait au niveau des communes du Grand Nouméa. Est-ce qu’il va partir de Dumbéa ? Du Mont-Dore ? Par où va-t-il passer ? Va-t-on faire des boulevards urbains pour rentrer dans la ville ? Si on veut que les gens utilisent les transports en commun, il faut des parkings relais sécurisés. Mais pas question d’installer ces parkings en limite de ville. Il faut les placer en amont. Vers la Savexpress, par exemple. Si les gens veulent rentrer dans la ville avec leur voiture, il faut qu’ils en assument le coût en termes de stationnement. Mais le tram n’est pas une fin en soi. C’est une artère. Après, il faut que les transports en commun rayonnent autour de ça.

3 - Un réseau global et homogèneIl est certain qu’à terme, c’est un réseau d’agglomération, pris dans son ensemble, qui va être mis au point. Il n’y aura plus de réseau mairie ou de réseau province. Ce sera un réseau global et homogène avec des tarifs harmonisés. Il faut que l’utilisateur puisse aller de Tontouta jusqu’à l’Anse-Vata, par exemple, avec le même ticket. Mais cela n’est possible que dans le cadre d’un financement dédié. Aujourd’hui, la mairie paye pour son réseau ; elle couvre à hauteur de 22 % la dépense de transport. Ce qui veut dire que les 78 % restants, c’est le passager qui les paye. C’est la même chose pour Carsud sauf que l’argent public est plus important en pourcentage. Par la suite, ce que nous voulons, c’est que la dépense de transport soit couverte à 70 % par de l’argent public. Le prix du ticket pourrait à ce moment-là descendre aux alentours des 100 francs. Le financement dédié pourrait provenir de recettes fiscales. L’argent, il faut bien le trouver quelque part. En France, il existe la contribution transport versée par les entreprises. Et ça fonctionne très bien.

Sonia Lagarde

Sonia Lagarde, 2e vice-présidente de la province Sud. Le projet de tram faisait partie de son programme pour la campagne municipale.

 

1 - Une solution écologique

Nouméa est une presqu’île totalement saturée. Il y a un déploiement des populations sur le Grand Nouméa. Il va y avoir 6 000 logements sur Dumbéa-sur-Mer, Païta s’étend, il y a raréfaction du foncier sur Nouméa et les gens vont être obligés d’aller vivre à l’extérieur. Dans vingt ans, Tontouta sera une banlieue de Nouméa. L’entrée sur Nouméa est de plus en plus problématique. Il faut donc envisager un tram. C’est une solution écologique, un moyen sûr, ponctuel. Et on voit bien les problèmes qui se posent aux gens qui n’ont pas beaucoup de revenus.

Si on éloigne la population du Nouméa intra-muros, il faut proposer des solutions aux gens. Tout ça s’accompagne de projets annexes. Il faut prévoir des petites gares routières pour que les utilisateurs puissent laisser leur voiture. Ma proposition était celle d’un tram qui parte de Dumbéa pour arriver sur la place de la Marne, soit une dizaine de kilomètres. A 3 milliards du kilomètre, ça représente une somme de 30 milliards à peu près.

 

2 - Il faut anticiper

Ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire demain. Il faut anticiper, gérer la future ville. Dès aujourd’hui, il faut prévoir des emprises foncières. Après, ce sera trop tard. C’est une planification à long terme. Mais c’est un projet qui doit être porté par l’ensemble des collectivités. Il faut faire jouer l’intercommunalité… Mettre dans un premier temps dans un pot commun une somme X qui sera allouée pour faire venir un expert qui étudiera la situation et pourra nous dire précisément ce que cela peut coûter… Ensuite, on pourra aller chercher les financements. L’idée est d’aller chercher des fonds européens. Aujourd’hui, il y a une refonte du système des PTOM (Pays et Territoires d’Outre-mer) au niveau de l’Europe. Jusqu’à présent on avait accès au Fonds européen pour la formation professionnelle et aujourd’hui on est en train de vouloir élargir d’autres financements et en particulier tout ce qui touche au développement durable et environnemental.

 

3 - Un système palliatif

Mais il faut s’attaquer au problème très vite, et en attendant ce tram qui ne pourra voir le jour que d’ici vingt ans, un autre système pourrait pallier le problème de la circulation : ce sont les navettes maritimes. On pourrait partir de Dumbéa, faire un stop sur une zone de Ducos et arriver au quai Ferry. Même chose à partir de Boulari, avec ensuite des bus qui prendraient le relais. Tout près de nous, on a l’exemple de l’Australie. Il faut arrêter de parler de faux problèmes comme celui du rond-point Berthelot. Le maire veut faire un pont au-dessus de Berthelot. Il a conclu que les problèmes de circulation à l’entrée de la ville venaient de ce rond-point (qui appartient à la province Sud). Une étude a été diligentée au niveau de la DPES : on peut fluidifier la circulation à Berthelot mais l’entrée de la ville ne bouge pas, elle. Et donc ça bouchonne. Aménager Berthelot, c’est un milliard de dépenses pour rien. Au lieu de dépenser un milliard par-ci, un milliard par là, on pourrait se concentrer sur un tram.

Patricia Calonne, LNC 01 juillet 2009



01/07/2009
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